Comprendre Quatre opéras bouffes de Germaine Tailleferre : glossaire

Mis à jour le lundi 25 avril 2016 à 11h21

Les quatre opéras bouffes de Germaine Tailleferre sont au programme du Baccalauréat Musique dans le cadre de la direction de travail "Interprétation et arrangements". Pour vous aider à avancer dans la découverte de la compositrice et de ses œuvres, voici quelques notions de base à intégrer.

Comprendre Quatre opéras bouffes de Germaine Tailleferre : glossaire
Germaine Tailleferre MEA BacMusique

Quatre mini-opéras bouffes sont réunis sous le titre de 'Petite Histoire lyrique de l’art français. Du style galant au style méchant' : « La Fille d’opéra », « Le Bel Ambitieux », « La Pauvre Eugénie » et « Monsieur Petitpois achète un château ». Chacun a été écrit « à la manière de » : Rameau, Rossini, Boieldieu, Auber, Charpentier, Offenbach, etc.

Glossaire

Opéra

L’opéra, « œuvre », naît en Italie et va révolutionner le XVIIe siècle. Certains musiciens de la fin du XVIe vont rejeter l’idéal polyphonique de la Renaissance en adoptant un style mélodique plus simple. Jacopo Péri fait naître véritablement le genre quand en 1600 il compose Euridice, œuvre à plusieurs personnages imaginée pour la scène. Le genre va tout d’abord faire fureur en Italie pour ensuite se disséminer progressivement en Europe.

Néanmoins, on considère que c'est l’Orfeo de Claudio Monteverdi crée en 1607 qui marque réellement la naissance du genre, fixant le rôle du chœur, des récitatifs et des instruments.

Opéra- Bouffe

Ou « opera buffa » est né en Italie au début du XVIIIe de la réunion de deux actes des intermezzi. Il reprend d’abord des codes de la commedia dell’arte, mais aussi du réalisme comique du XVIIe siècle. Le point essentiel de divergence avec l’opera seria est bien entendu le sujet (souvent inspiré de la vie bourgeoise ou populaire).

La Serva padrona (1733) de Pergolèse est le premier intermezzo à être qualifié d’opéra bouffe. Il sortira par la suite de son berceau italien afin de conquérir l’Europe. A titre d’exemple, on peut citer* Les Noces de Figaro* (1786) de Mozart, Il Barbiere di Siviglia (1816) de Rossini ou encore* Falstaff (* 1893) de Verdi.

Opéra-Comique

L’opéra-comique relève du savant mélange entre la comédie (genre théâtral ayant acquis ses lettres de noblesse notamment grâce à Molière), et l’opéra, laissant principalement la place au chant. L’opéra-comique s’apparente donc principalement à une critique – en général gaie- des mœurs de son époque. A titre d’exemple, on peut citer Les Contes d’Hoffmann (1881) de Jacques Offenbach.

Opéra Radiophonique

Concernant cette notion, il ne faut pas se restreindre à entendre par opéra « radiophonique » un opéra qui passerait simplement à la radio. Il s’agit d’un opéra écrit pour la radio et qui doit composer avec les contraintes techniques que le support de diffusion amène. Le spectateur par exemple ne peut pas « voir » la représentation, il doit se l’imaginer. Ainsi voix et instruments doivent parfaitement se compléter afin de créer une ambiance, mais surtout de palier la cécité des spectateurs. Le premier opéra radiophonique fut La Coquille à planètes (1943-1944), dont la musique vient de la compositrice Claude Arrieu et le livret de Pierre Schaeffer.

Baroque

Sont communément répertoriés comme les grands maîtres de la musique baroque Jean-Philippe Rameau, Georg Friedrich Haendel et enfin Jean Sébastien Bach.

Cette période de l’histoire de la musique s’étend du début du XVIIe siècle jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, consacrant notamment la pratique du contrepoint ou encore la naissance du concerto. Cette période succédera à la Renaissance et précédera le Classicisme.

Réalisme

On connait surtout le réalisme en tant que courant littéraire, incarné principalement en la personne d’Honoré de Balzac. Le naturalisme et le réalisme sont des courants plaçant le « réel », la « réalité » au cœur des œuvres. Il s’agit pour les artistes de retranscrire la « réalité » du monde, sans artifices.

Romantisme

Il en est de même pour le romantisme que pour le réalisme. Il s’agit d’un mouvement principalement philosophique qui va s’étendre à la littérature, la peinture et la musique. Cette philosophie place au cœur des œuvres la sensibilité de chacun, le « moi » et la façon dont l’être perçoit le monde qui l’entoure.

Pastiche

De l’italien pasticcio, il s’agit d’une imitation d’un style, d’une œuvre, ne visant pas au plagiat.

Parodie

Le terme vient du grec parôdia (παρῳδία) qui signifie littéralement « près » ou « contre » l’ « ode » ou le « chant ». Ainsi, la parodie en musique renvoie à une reprise d’une musique, d’un style de composition ou encore des paroles d’un texte, souvent dans une perspective humoristique. Néanmoins, la parodie n’exclut pas de reprendre très sérieusement le contenu ou les codes d’une œuvre.

Interprétation

L’interprétation peut prendre différentes formes, mais en général il s’agit de s’approprier un matériau musical attribué à quelqu'un d'autre. Interpréter, c’est donc reprendre à son compte des éléments déjà existants.

Arrangement

Un arrangement désigne de manière générale toutes les formes d’adaptation d’une œuvre. L’arrangement est souvent utilisé afin de rendre plus aisée l’exécution d’une pièce musicale. L’enjeu dans ce cas est de ne pas dénaturer l’œuvre d’origine.

Groupe des six

On nomme le « Groupe des Six » en référence à l’amitié qu’ont développé six jeunes compositeurs français au début du XXe siècle. Il s’incarne dans les personnes de Francis Poulenc, Darius Milhaud, Germaine Tailleferre, Arthur Honegger,Georges Auric et Louis Durey. L’appellation de « groupe des six » vient du musicologue Henri Collet qui en 1920 leur attribuera ce nom, en référence au groupe des cinq (Borodine, Cui, Balakirev, Moussorgski et Rimski-Korsakov). Néanmoins on ne peut leur attribuer une esthétique musicale commune, dans la mesure où ils ont tous suivi des voies différentes.


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