Alexandre Kantorow, révélation des Victoires de la musique classique 2019

Le pianiste Alexandre Kantorow est nommé dans la catégorie “Soliste instrumental” des Victoires de la musique classique 2019. Rencontre et portrait en cinq questions.

Alexandre Kantorow, révélation des Victoires de la musique classique 2019
Alexandre Kantorow, pianiste et révélation des Victoires de la musique classique 2019, © Radio France / Kamil Bendida

Alexandre Kantorow a été nommé Révélation pour les Victoires de la musique classique édition 2019 dans la catégorie "Soliste instrumental". Le pianiste est né à Clermont-Ferrand en 1997. Nous l'avons rencontré lors de ses répétitions à la Seine Musicale, juste avant le Concert des Révélations du vendredi 11 janvier, retransmis sur France Musique les mercredi 23 et jeudi 24 janvier dans Carrefour de Lodéon

France Musique : Qu’est-ce qui vous a donné envie d’être musicien ? 

Alexandre Kantorow : Au début, plus qu'une envie de taper sur un piano ou d'avoir une activité extra-scolaire, je m'y suis mis car j'avais vu un épisode de Tom et Jerry avec la Rhapsodie hongroise de Liszt, et j'avais demandé à mon père d'en faire une mini transcription pour moi, je jouais et c'était assez grisant. Pendant longtemps je considérais le piano comme un 'à côté', sans trop y penser comme métier, je jouais aussi du tennis et c'était la même chose. Au lycée, l'envie est venue avec l’adrénaline des premiers concerts avec l'orchestre du lycée. Puis ça a basculé vers quelque chose qui devenait de plus en plus important et à un moment, peut-être par flemme de m'inscrire sur Admission Post Bac (APB), je me suis dit que j'allais faire de la musique.

À quoi pensez-vous quand vous jouez ?

C'est un peu un grand vide dans ma tête, c'est bizarre, la concentration est inconsciente, il y a une tension mais mon esprit se balade un peu partout. Je sais que lors de certaines expériences, j'ai presque l'impression d'être aussi spectateur : on est à côté de soi, on se regarde jouer. C'est un peu une transe, c'est spécial. En général, quand j'ai fini de jouer, j'oublie comment exactement je ressentais la musique quand j'étais sur scène. 

Si vous n’aviez pas été musicien, qu'est-ce que vous auriez fait ?

Quelque chose dans les sciences, j'adorais l'astrophysique, j'adorais aussi l'idée d'être cosmonaute, mais vu les conditions de vie et tout ce que cela implique je ne suis pas sûr d'avoir eu le courage de me balader dans la station spatiale, mais ça me passionnait, je lisais beaucoup de livres dessus et c'est ce que je pensais faire au lycée. J'ai essayé la première année après mon Bac de suivre des cours en parallèle mais je n'aurais jamais pu faire du piano et de l'astrophysique au même niveau. 

Si vous deviez remercier quelqu’un (ou quelque chose) pour votre carrière musicale, qui est-ce que ce serait ?

Mes parents. Ils sont tous les deux musiciens et par expérience (on connait les familles de musiciens) ce n'est pas quelque chose de toujours évident. La manière dont ils ont toujours été assez distants dans ce que je faisais au début, et la manière dont il ne m'ont jamais trop poussé, m'a permis de faire de la musique quand moi j'en avais envie, au bon moment, et pour ça je peux les remercier. Il y a un professeur aussi, Pierre-Alain Volondat, pianiste qui a gagné le concours Reine Elisabeth et a détruit sa carrière sous ses pieds. Quand je l'ai rencontré il était professeur dans la banlieue où j'ai grandi, je l'ai vu pendant un an et c'était extraordinaire. Ce n'était pas des cours, c'était juste un show, il parlait, racontait ses blagues et de temps en temps il disait une chose extraordinaire, un petit détail qui restait. Je lui dois beaucoup. 

Dans le programme que vous présentez au concert des Révélations, quelle est l’oeuvre qui vous tient le plus à cœur et pourquoi ?

Je n'arrive pas à choisir entre les deux, je les ai choisi ensemble. La danse macabre de Saint Saëns, c'est une folie totale, très descriptif, les eaux qui se choquent, les violons désaccordés, la cloche qui sonne minuit... C'est une transcription pour piano qui permet de faire beaucoup de choses, on peut entendre 1000 couleurs là-dedans, et la valse de Brahms pour calmer un peu, j'adore Brahms c'est mon compositeur favori. 

Propos recueillis par Aliette de Laleu

Vidéos d'Alexandre Kantorow

Saint-Saëns / Liszt / Horowitz, Danse macabre, op.40

Brahms, Valse op. 39 n°15

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