10 (petites) choses que vous ne savez (peut-être) pas sur la musique baroque

Mis à jour le jeudi 04 août 2016 à 14h55

Remise au gout du jour par des interprètes de qualité et des musicologues passionnés, la période baroque se réduit pourtant souvent au faste et à l'opulence dans l'imaginaire collectif. Voici 10 petites choses que vous ne saviez sûrement pas sur ce siècle et demi d'émulation artistique.

10 (petites) choses que vous ne savez (peut-être) pas sur la musique baroque
'Hippolyte et Aricie', Rameau's opera presented In Toulouse, France On March 05, 2009-© AKSARAN / Contributeur

La période dite "Baroque" est pleine de contradictions : on en retient à la fois le débordement d'ornements, de luxe, de motifs clinquants, d'irrégularités (que lui confère l'expression portugaise barroco ), mais aussi la rigueur de certains maitres allemands. Par ailleurs, le qualificatif de "baroque" est surtout utilisé depuis 1950 afin de désigner une période, tant l'expression artistique est plurielle en Europe entre 1600 et 1750.

La première partition a été imprimée à Venise en 1501

2012 Santa Maria Della Salute Celebrations © Barbara Zanon / Contributeur
2012 Santa Maria Della Salute Celebrations © Barbara Zanon / Contributeur

Une invention de grande ampleur survient au début du XVIe siècle : l’imprimerie musicale. La cité des Doges gardera longtemps une prépondérance en la matière. Elle sort donc en 1501 la première partition imprimée, de la presse d’Ottaviano Petrucci. Pour se faire, comme pour les textes littéraires, on utilise des caractères mobiles afin que la gravure soit plus satisfaisante graphiquement.

L’inexistence des droits d’auteur

En dehors des privilèges royaux, n’importe qui peut imprimer n’importe quoi, n’importe quand et en tirer bénéfice. Il est également possible pour tout individu d’arranger copier, une partition en toute impunité. Par exemple, sans nécessaire penser à mal, Haendel s’est largement approprié des morceaux de Stradella, Muffat ou encore Keiser.

La promotion sur canapé, une longue histoire…

A l’époque baroque, la norme de l’enseignement musical persiste dans la relation traditionnelle, du maître à l’élève, et ce sur le modèle de l’organisation corporatiste héritée du Moyen-Age. Telles les guildes allemande de musiciens où l’on devient apprenti, puis compagnon et enfin maître. Or il existe un moyen, à l’époque, de monter plus vite les échelons : en épousant une fille de maître par exemple, on peut accéder plus rapidement à la maîtrise et éventuellement succéder au beau-père. Ce fut le cas de Buxtehude, qui a épousé la fille de son prédécesseur, Tunder.

Les conservatoires n’existent pas encore, en revanche, quelques écoles musicales publiques ont existé en Italie, et ce depuis le XVIe siècle

Ces établissements recueillent des orphelins ou enfants abandonnés (Ospedale ). Les élèves les plus doués apprennent la musique et offrent des prestations de grande qualité. A Venise au XVIIe siècle, le Pio Ospedale della Pietà, établissement réservé aux filles, s’est targué d’avoir comme professeur de violon et « maître de chœur et des concerts » Antonio Vivaldi.

Non, Monteverdi n’a pas écrit le premier opéra

Celebration for wedding of Henry IV of France © De Agostini Picture Library / Contributeur
Celebration for wedding of Henry IV of France © De Agostini Picture Library / Contributeur

Le premier Opéra est donné en l’honneur du mariage de Marie de Médicis avecHenri IV en Octobre 1600. Il s’agit de l’Euridice de Peri.Monteverdiy assiste et sept ans plus tard naît l’Orfeo. Néanmoins on considère que celui-ci a écrit le premier opéra au sens strict du terme.

Une vaste campagne de diffamation du violon est entreprise face à sa notoriété grandissante et au détriment de la viole

On apprend en 1743, dans le Dictionnaire de Trévoux, que « violon est aussi un terme d’injure et de mépris, qui signifie sot, impertinent », tout comme « ces ménétriers qui vont de cabaret en cabaret jouer du violon, et augmenter la joie des ivrognes ». C’est pourquoi le mot « violon » viendra à désigner une prison, les ménétriers passant souvent la nuit « au violon ».

Voltaire exécrait le piano forte

 Forte piano maker Rod Regier works in his Freeport workshop with Kris Carr © Portland Press Herald / Contributeur
Forte piano maker Rod Regier works in his Freeport workshop with Kris Carr © Portland Press Herald / Contributeur

Il aurait qualifié en 1774 le piano forte d’ « instrument de chaudronnier en comparaison du clavecin » (lettre à Mme du Deffand, 8.12.1774). Rien que ça !

C’est au début du règne de Louis XIV que naît le hautbois

En effet, les instruments évoluent parallèlement à la nouvelle esthétique qu’est le baroque, et tentent de s’adapter à ses impératifs esthétiques. Aussi, par exemple, Lully dans sa recherche de nouvelles formules sonores se voit dépourvu d’un solide instrument à anche capable de doubler les violons (les flûtes à bec apportent certes un contraste intéressant mais n’ont que très peu de puissance sonore)
Ce sont les familles Hotteterre et Philidor qui se sont employés à repenser l’anche, permettant la création d’un nouvel instrument qui se répand très vite à travers l’Europe. C’est donc avec Lully que le Hautbois débute sa riche carrière.

La période Baroque devient le terreau fertile de « l’air à boire »

Dès 1619, Bacilly publie un recueil de « Chansons pour danser et pour boire ». A leur tour, une pléiade de compositeurs dans la seconde moitié du siècle, vont publier des chansons à boire, puisque dans une société friande de divertissement, le public de ce genre de pièces est garanti.
Ex, le trio de Rameau(1719), Avec du vin, endormons-nous.

L'essor de la musique descriptive

Dans un élan créatif certains compositeurs ont tenté de composer des pièces on ne peut plus descriptive, prêtant aujourd’hui quelque peu au rire.Ce fut notamment le cas chez Marin Marais, qui dans Le Tableau de l’Opération de la Taille, vise à reconstituer, une « extraction d’un calcul de la vessie » !

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