10 (petites) choses que vous ne savez (peut-être) pas sur George Gershwin

Saviez-vous que George Gershwin était un grand amateur de boxe et de tennis ? Qu’il était dandy, séducteur et noctambule, mais qu'il détestait Hollywood ?

10 (petites) choses que vous ne savez (peut-être) pas sur George Gershwin
George Gershwin

Quand on vous dit Gershwin, vous pensez... “Summertime and the livin' is easy ” ?
Oui, mais quoi d’autre ? Né à New-York en 1898 de parents juifs exilés et décédé brutalement à l'âge de 38 ans d’une tumeur au cerveau, l’auteur d’Un Américain à Paris, de la célèbre Rhaposdy in Blue et de Porgy and Bess, mena une vie peu banale. Figurez-vous qu'il était notamment...

1.Inséparable de son grand frère

Derrière l’œuvre de George se cache aussi celle d’Ira Gershwin, de deux ans son aîné. Musicien lui aussi, il fut le parolier et fidèle conseiller de son cadet. Diamétralement opposés – George était mince et nerveux, Ira rondouillard et effacé – le duo ne se sépara que très peu et Ira, plongé dans une lourde dépression à la mort de son frère, consacra le reste de sa vie à la postérité de leur oeuvre.

Ira Gershwin
Ira Gershwin

2. Un ‘sale gosse’ pour qui on s’inquiétait

« Madame Gershwin a eu de beaux enfants, mais son fils George va lui causer des ennuis », murmurait-t-on dans le Lower East Side (quartier de New York). Car le petit Gershwin s’intéressait davantage aux patins à roulettes et à la bagarre qu’à la musique… C’est pourtant dans la rue, en jouant au ballon sous les fenêtres de l’un de ses camarades de classe, qu’il entendit celui-ci interpréter l’Humoresque de Dvořák au violon : premier choc musical et début de sa vocation.

3. Ami de longue date avec Fred Astaire

George rencontra Frederick Austerlitz dans les bureaux de la maison d’édition musicale Remick, où il travaillait comme 'démonstrateur de chansons' (en bref, il passait sa journée au piano). Le jeune Fred formait alors un duo de danse avec sa sœur et cherchait de nouveaux numéros musicaux… Tous deux ont seize ans et déjà George prédit à son nouvel ami Freddy : « ça serait extraordinaire si je pouvais écrire un show musical auquel tu participerais …».

Fred Astaire, Ginger Rogers et George Gershwin sur le tournage de 'Shall We Dance'
Fred Astaire, Ginger Rogers et George Gershwin sur le tournage de 'Shall We Dance'

4.Très, mais vraiment très angoissé

Un brin arrogant mais terrassé par la peur de l’échec, sociable mais toqué (il mâchouillait en permanence ses cigares ou sa pipe, s’étirait compulsivement le nez), l’angoisse de l’artiste était quotidienne. Il souffrait notamment de ce que lui-même appelait un « estomac de compositeur » (comprendre diarrhées, constipation et crampes...). Alors lorsque peu avant sa mort, il se plaignait de forts maux de tête, tenta un jour de pousser hors du véhicule son chauffeur en pleine conduite et, une autre fois, s’enduisit intégralement de chocolat… on attribua d’abord son comportement au stress.

5.Multitâches

Il en serait presque agaçant tant il réussissait dans tout ce qu’il entreprenait ! Les activités artistiques de Gershwin dépassaient la seule pratique musicale : il dansait, peignait, dessinait portraits et caricatures, discutait savamment littérature et poésie... À peu près tout ce qui s’offrait aux yeux de Gershwin éveillait son intérêt, même la plus petite plante dont il se demandait comment elle avait bien pu pousser.

Gershwin peignant Arnold Schoenberg / Gershwin réalisant son autoportrait
Gershwin peignant Arnold Schoenberg / Gershwin réalisant son autoportrait

6. Infatigable fêtard

Quand il ne composait pas, George fréquentait les hauts-lieux de la vie nocturne new-yorkaise. Quand il ne sortait pas, c’est qu’il recevait chez lui, dans sa belle maison de l’East Side. Et le compositeur mettait l’ambiance : après avoir fait le show au piano, il passait des heures à danser ! Attention cependant : Gershwin n'était pas seulement un dandy mondain, cigare à la bouche. Il travaillait laborieusement et savait faire preuve de beaucoup de concentration, laissant ainsi derrière lui plus de deux cent chansons et une cinquantaine de comédies musicales.

7. Particulièrement sportif

S’il était né au XXIe siècle, le corps médical aurait certainement diagnostiqué chez George Gershwin une certaine hyperactivité... En plus de composer, de peindre, de sortir, il était aussi sportif : tennis (à Los Angeles, il s’entraînait avec Schönberg), golf (son sport favori), pêche, équitation, randonnée, musculation, boxe… il a tout essayé et tout adopté !

Gershwin sportif
Gershwin sportif

8.Séducteur invétéré

Le riche et célèbre George Gershwin était particulièrement convoité par la gente féminine... « Mais pourquoi me contenterais-je d’une seule femme alors que je peux en avoir autant que je le désire ? », lui faisait dire la rumeur. Et en effet, on le voyait toujours bien entouré quand il n'était pas surpris aux portes des bordels new-yorkais. N’a-t-il donc jamais connu le grand amour ? Pas si sûr… il y eut d’abord Kay Swift, sa plus fidèle amie et confidente, puis la célèbre Paulette Goddard, dont il tomba subitement sous le charme au cours d’un dîner avec le gratin hollywoodien. L’actrice, qui venait tout juste d’épouser Charlie Chaplin, ne le fréquenta que quelques mois avant de rompre brutalement.

9.Fâché avec Hollywood

«Tout ce que l’on veut, ici, c’est des tubes pour siffler » : George et Ira s’installèrent à deux reprises à Hollywood et le regrettèrent à chaque fois. D’abord parce qu’ils avaient New-York dans la peau et que la Big Apple leur manquait, mais aussi parce qu’ils considéraient que le cinéma ne valorisait pas leur musique : « un compositeur qui travaille à Hollywood, même célèbre, n’est rien d’autre qu’un type qui travaille pour le cinéma ». Or, être un type parmi les autres, Gershwin n’aimait pas vraiment ça.

10. Fier mais un brin complexé

On oublia rapidement sa Second Rhaposdy et pourtant il la considérait comme son oeuvre la plus aboutie... Son seul et unique opéra, Porgy and Bess, fruit d’un travail acharné, fut mal accueilli lors de ses premières représentations… George Gershwin se savait reconnu, mais s’interrogeait : «* jouera-t-on encore ma musique dans cent ans ?* ». Complexé de n’être assimilé qu’au répertoire populaire, il admirait la grande musique capable de survivre au temps et ne rêvait que d’une seule chose : rejoindre le panthéon des grands Bach, Mozart et Ravel.

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