VIDEO - Pourquoi 'Le Jeune Homme et la Mort' de Roland Petit est un chef d'œuvre

Par sa modernité, sa violence et son intensité, le ballet de Roland Petit a marqué l'histoire de la danse. La rencontre de trois artistes singuliers, la chorégraphie adaptée sur mesure à chacun des interprètes et l'utilisation révolutionnaire de la musique en font une œuvre à part.

VIDEO - Pourquoi 'Le Jeune Homme et la Mort' de Roland Petit est un chef d'œuvre
Rudolf Noureev et Zizi Jeanmaire dansant 'Le jeune homme et la mort' de Roland Petit en 1966, © Getty / Giancarlo BOTTI

Représenté pour la première fois en juin 1946, Le Jeune homme et la mort reste toujours aussi percutant et novateur. 

La rencontre de trois artistes singuliers

Le Jeune Homme et la Mort est le fruit d'une collaboration singulière, celle de trois grands artistes : Roland Petit pour la chorégraphie, Jean Babilée pour la danse et Jean Cocteau pour le livret.
Novateur, ce ballet se trouve à la croisée de genres différents et sera qualifié de "mimodrame". Jean Cocteau intervient dans la chorégraphie que Roland Petit conçoit autour de Jean Babilée. 

Il est beau ce mouvement, mais il faut le répéter trois fois. La première fois on le voit. La deuxième fois on le regarde, et la troisième fois le public le retient - Jean Cocteau

Des interprètes exceptionnels

Au fil des années, de grands danseurs, comme Jean Babilée et Nathalie Philippart, Rudolf Noureev et Zizi Jeanmaire, Jean-Pierre Aviotte et Florence Faure, ont interprété le ballet et à chaque fois, le chorégraphe a su réécrire son oeuvre pour en faire du sur-mesure. 

J’aime me mettre avec le danseur,  me mettre à sa disposition et le mettre en valeur au maximum.  - Roland Petit

Une utilisation révolutionnaire de la musique 

Le ballet inaugure le concept de "synchronisme accidentel". Roland Petit répète Le Jeune homme et la mort sur des rythmes de jazz. 48 heures avant la première, c'est La Grande Passacaille pour orgue BWV 582 de Jean Sébastien Bach dans l'orchestration de Respighi qui est retenue. La musique développe alors une autonomie narrative propre, à tel point que parfois les émotions créées par la danse et celle créées par la musique se décalent puis finissent par se rejoindre. 

A la longue, la ligne de la musique et de la danse qui se contrarient penchèrent l'une vers l'autre et se confondirent - Jean Cocteau