Quelle est la meilleure version des Vêpres de la Vierge de Claudio Monteverdi ?

Sophie Bourdais, Emmanuelle Giuliani et Piotr Kaminski élisent la version de référence des Vêpres de la Vierge de Claudio Monteverdi.

Quelle est la meilleure version des Vêpres de la Vierge de Claudio Monteverdi ?
., © Getty / Lonely Planet

(ré)écouter l'émission : La Tribune des critiques de disques du 11 juin 2017

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compte-rendu

Timides, retenues, privées d’éclat et d’allégresse, les Vêpres de la Vierge selon Jordi Savall laissent indifférent, par le caractère instrumental du chant et le peu d’intérêt que chœurs et solistes semblent porter au texte. Etrange.

A nouveau l’élégance, la mesure, mais aussi de la distance, là où l’on aimerait le feu d’un théâtre sacré qui s’incarnerait dès les premières mesures. Et puis, en plus d’être pesant et hiératique, le Concerto Italiano de Rinaldo Alessandrini se montre un tantinet brouillon.

Même si la parole divine peine à se faire chair, les forces de la Petite Bande sont savoureuses, à coup sûr un peu hors-sujet dans leur lecture douillette et champêtre du chef-d’œuvre, mais flanquées de solistes qui s’accordent idéalement à la vision dépouillée de Kuijken.

Toccata et Dixit Dominus débutent mal sous la direction égale de René Jacobs, qui peint une ambiance douce et triste, malvenue. Mais dès le Nigra Sum et le Pulchra Es, les solistes sortent de leur prudence, pour se surpasser dans un Duo Seraphim hypnotique.

La fanfare d’introduction claque telle une oriflamme et laisse jaillir des voix claires dans une optique madrigalesque : c’est un chœur engagé dans une aventure collective, délivrant un message spirituel et vigoureux sous la battue tonique de John Eliot Gardiner. Si les voix des solistes ne se distinguent guère, les intentions sont là, la parole fait sens. Seule réserve : l’acoustique de la Basilique Saint-Marc, qui donne de singulières résonnances aquatiques.

Du théâtre, de la vie, de l’éloquence, de la ferveur ! On pourra bien reprocher à l’Argentin Gabriel Garrido quelques approximations, mais la grande fête sacrée des Vêpres éclate et resplendit dans une atmosphère de jubilation et de recueillement, avec des solistes remarquablement typés et un continuo ensorcelant. La grande référence moderne.

palmarès

N°1
Version F

Chœur Antonio Il Verso, Ensemble Elyma, dir. Gabriel Garrido (K 617, 1999)

Les Vêpres de Monterverdi par Gabiel Garrido
Les Vêpres de Monterverdi par Gabiel Garrido, © CD K617

N°2
Version C

Monteverdi Choir, English Baroque Soloists, dir. John Eliot Gardiner (Archiv, 1989)

Les Vêpres de Monterverdi par John Eliot Gardiner
Les Vêpres de Monterverdi par John Eliot Gardiner, © CD Archiv

N°3
Version B

Nederlands Kamerkoor, Concerto Vocale, dir. René Jacobs (HM, 1995)

Les Vêpres de Monterverdi par René Jacobs
Les Vêpres de Monterverdi par René Jacobs, © CD HM

N°4
Version E

La Petite Bande, dir. Sigiswald Kuijken (Challenge Classics, 2007)

Les Vêpres de Monterverdi par Sigiswald Kuijken
Les Vêpres de Monterverdi par Sigiswald Kuijken, © CD Challenge Classics

N°5
Version D

Concerto Italiano, dir. Rinaldo Alessandrini (Naïve, 2004)

Les Vêpres de Monterverdi par Rinaldo Alessandrini
Les Vêpres de Monterverdi par Rinaldo Alessandrini, © CD Naïve

N°6
Version A

Chœur du Centre de Musique Antique de Padoue, La Capella Reial, dir. Jordi Savall (AliaVox, 1988)

Les Vêpres de Monterverdi par Jordi Savall
Les Vêpres de Monterverdi par Jordi Savall, © CD Alia Vox