Quelle est la meilleure version de la Musique pour les funérailles de la Reine Mary, d'Henry Purcell

Sophie Bourdais, Emmanuel Dupuy et Emmanuelle Giuliani élisent le version de référence de la Musique pour les funérailles de la Reine Mary d'Henry Purcell.

Quelle est la meilleure version de la Musique pour les funérailles de la Reine Mary, d'Henry Purcell
Reine Mary II, d'après Willem Wissing, © Getty / National Galleries of Scotland

(ré)écouter l'émission : La Tribune des critiques de disques du 10 septembre 2017

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Compte-rendu :

Peu d’affliction dans la Marche initiale, avec des timbales au premier plan qui font gadget, et pas davantage d’émotion dans l’anthem qui suit… Vox Luminis et Lionel Meunier signent une version cinématographique qui n’accroche guère. On passe.

Retient-on la Musique pour les funérailles de la Reine Mary pour son continuo, aussi subtil soit-il ? Pas vraiment, et c’est pourtant la grande réussite de Philippe Herreweghe. Hélas il expédie bien rapidement la Marche et s’entoure d’une soprano au timbre acide. Ensemble décevant.

Vincent Dumestre dirige l’introduction avec emphase, timbales qui en rajoutent, cuivres qui vrombissent – au risque de déraper dans la Canzona. Homogène et de belle tenue, le quatuor de solistes n’en reste pas moins froid, désincarné, exprimant mal le chagrin qui habite ces pages endeuillées.

En dépit une pointe d’aigreur chez la soprano, voici à nouveau des voix élégantes, mais trop peu expressives dans l’ensemble. On avait pourtant apprécié la sobriété poignante de la fanfare. Tout se passe comme si Andrew Parrott et les siens observaient la scène de loin, étrangers aux enjeux.

Inquiétante, la Marche dirigée par Philip Ledger sait créer un vrai sentiment de procession – on se demande alors bien pourquoi la Canzona est si guillerette, plutôt hors propos. Malgré un quatuor un peu dépareillé, les chanteurs interprètent les trois anthems avec grâce, et on se laisse captiver par le timbre fragile et touchant du soprano garçon. Ah, la tradition anglaise !...

John Eliot Gardiner et ses troupes se placent d’emblée cent coudées au dessus des autres. Le Monteverdi Choir est miraculeux de nuances, d’articulation et d’homogénéité, qui donne vie et corps aux anthems avec une rare plénitude : c’est bouleversant. Le tout au rythme de cuivres qui, dès les premières mesures, campent le décor bouleversant des funérailles. Imbattable.

Palmarès :

N°1
Version F
Monteverdi Choir et Orchestra, Equale Brass Ensemble, dir. John Eliot Gardiner (Erato, 1976)

© Erato
© Erato

N°2
Version B

Chœurs du King’s College de Cambridge, Philip Jones Brass Ensemble, dir. Philip Ledger (EMI, 1975)

© EMI
© EMI

N°3
Version C

Taverner Consort Choir et Players, dir. Andrew Parrott (Virgin, 1988)

© Virgin
© Virgin

N°4
Version A

Les Cris de Paris, le Poème Harmonique, dir. Vincent Dumestre (Alpha, 2016)

© Alpha
© Alpha

N°5
Version D

Chœurs et Orchestre du Collegium Vocale, dir. Philippe Herreweghe (HM, 1993)

© HM
© HM

N°6
Version E

Les Trompettes des Plaisirs, Vox Luminis, dir. Lionel Meunier (Ricercar, 2012)

© Ricercar
© Ricercar