Quelle est la meilleure version de la Musique pour les feux d'artifice royaux de Haendel ?

Séverine Garnier, Piotr Kaminski et Philippe Venturini élisent la version de référence de la Musique pour les feux d'artifice royaux de Haendel, en public au stand France Musique de La Folle Journée de Nantes 2017.

Quelle est la meilleure version de la Musique pour les feux d'artifice royaux de Haendel ?
Peinture : "A View of the Fire-Workes and Illuminations at his Grace the Duke of Richmond's at White-Hall and on the River Thames, on Monday 15 May, 1749"

(ré)écouter l'émission : La Tribune des critiques de disques du 05 février 2017

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Compte-rendu

Ca n’avance pas, ça ne danse pas, et de surcroît, c’est lourd et belliqueux. John Eliot Gardiner et ses English Baroque Soloists célèbrent la paix comme ils partiraient au combat, ce qui n’est pas loin du contresens. Sortie immédiate et surprenante de ce classique de la discographie haendélienne.

D’où vient cette impression de déjà entendu ? Christopher Hogwood dirige une synthèse sans attrait ni surprise des Feux d’artifice ; les angles y sont brusques, les temps trop appuyés et le discours convenu : la Bourrée piétine, la Paix frôle l’apathie.

On devine encore beaucoup de raideur dans l’orchestre, pourtant majestueux, de Jordi Savall. Tout se passe comme si le chef n’anticipait aucune direction. Surtout, il manque ici une fantaisie, une jubilation et un manque d’imagination ; est-ce la peine d’observer toutes les reprises si elles se ressemblent comme deux gouttes d’eau ?

Pas sûr que la version de Neville Marriner, 46 ans au compteur, ait tant vieilli que ça. Si les uns la jugent hors style, les autres admirent son énergie, son sens de la danse, son élégance – un peu poudrée, certes – et la qualité supérieure des vents. Elle peut virer ça et là au chromo, façon Sarabande de Haendel dans Barry Lindon, mais elle garde toujours noblesse et naturel. Pourquoi la bouder ?

Une vraie version de plein air ! Hervé Niquet donne des Feux d’artifice qui sonnent et qui claquent, à la tête d’une armée de hautbois, de trompettes et de cors naturels impétueux. Un manque de discipline ? Sans doute. Mais ce serait un tort de se priver de cette lecture franche, atypique, pleine de sève et de caractère.

L’énergie sans la précipitation, l’éclat sans les faits d’armes, avec des phrasés qui respirent, coulent large, et un orchestre étincelant ; la Paix, rêve murmuré, précède une Bourrée malicieuse et une Réjouissance grisante et ludique. Trevor Pinnock sait où il va à chaque instant, ordonnant de main de maître une irrésistible fête sonore.

Palmarès :

N°1
Version E

The English Concert, dir. Trevor Pinnock (Archiv, 1985)

CD Trevor Pinnock
CD Trevor Pinnock, © Archiv

N°2
Version C

Le Concert Spirituel, dir. Hervé Niquet (Glossa, 2002)

CD Niquet
CD Niquet, © Glossa

N°3
Version D

Academy of St Martin in the Fields, dir. Neville Marriner (1971)

CD Marriner
CD Marriner, © Argo

N°4
Version B

Le Concert des Nations, dir. Jordi Savall (Alia Vox, 1993)

CD Savall
CD Savall, © Alia Vox

N°5
Version F

The Academy of Ancient Music, dir. Christopher Hogwood (L’Oiseau-Lyre, 1980)

CD Hogwood
CD Hogwood, © L'Oiseau-Lyre

N°6
Version A

English Baroque Soloists, dir. John Eliot Gardiner (Philips, 1983)

CD Gardiner
CD Gardiner, © Philips

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