Folle Journée 2016 : La musique qui soigne les plantes

Fredonner des airs de musique à nos plantes les ferait pousser. Joël Sternheimer, chercheur indépendant a repris l’idée en transcrivant en musique les phénomènes vibratoires et quantiques des noyaux cellulaires des plantes. Ces mélodies une fois rejouées seraient capables de soigner ou de stimuler la croissance des végétaux.

En ce début du XXIe siècle, la « génodique » semble avoir pris la relève de l’électro-culture qui promettait il y a plus de 100 ans aux cultivateurs de récolter des fruits et des légumes géants ainsi que des fleurs en toutes saisons. Cette nouvelle discipline agro-musicale a vu le jour dans les années 60, quand des agronomes ont voulu savoir si certains sons agissaient sur la croissance des végétaux. Certains d’entre eux ont constaté le phénomène ! Une sacrée découverte qui n’en est pas vraiment une, puisque de façon empirique et depuis la nuit des temps, les paysans mais aussi les chamanes, les druides et autres sorciers, utilisaient déjà la musique et les chants incantatoires pour soigner les humains ou les animaux, fertiliser les cultures ou obtenir de meilleurs récoltes.

L'animal qui inventa le calcul intégral

Joël Sternheimer qui est, selon sa page Wikipédia mathématicien, docteur en physique théorique, diplômé de l’Université de Princeton aux Etats Unis en 1967, n’a, de prime abord, rien d’un mystique. Ce chercheur indépendant fut un temps chanteur, il a produit, sous son pseudonyme Evariste, quelques chansons à succès de variété française en pleine époque yéyé, comme : « Connais-tu l'animal qui inventa le calcul intégral ? ».

Grâce à ce tube, notre savant troubadour a pu financer ses recherches de manière indépendante, et se spécialiser dans le domaine de l’infiniment petit et de l’interaction entre les particules élémentaires, pour enfin théoriser sur le phénomène des plantes mélomanes.

Les protéodies ou la symphonie des plantes

La matière organique qui compose les végétaux vibre, selon le chercheur, à des fréquences régulières. Ce sont des sons inaudibles pour nos oreilles humaines mais que l’on peut transposer en notes et les transcrire sur une portée. Cette musique du vivant génère des mélodies qui raisonnent en harmonie avec l’environnement macroscopique qui nous entoure.

« La musique est une pratique cachée de l'arithmétique, l'esprit n'ayant pas conscience qu'il compte », a écrit le philosophe et mathématicien Leibniz.

En décodant ces ondes qui résonnent à l’unisson aux différentes échelles de l’infiniment petit à de plus grandes dimensions, il deviendrait alors possible d’influencer l’évolution des plantes à l’aide de phrasés musicaux que Joël Sternheimer désigne sous le terme « protéodie ». Des mélodies qui entrent à leur tour en résonnance avec des cellules végétales permettant de favoriser la production des protéines ou au contraire d’inhiber leur activité.

Cette gamme de sonorités offrirait la possibilité de ralentir le développement de pathogènes dans les plantes comme de débarrasser les vignes des champignons parasites de l’Esca qui détruisent les cépages, ou de multiplier les plants de tomates des maraichers sénégalais grâce aux « protéodies » intensifiant la multiplication d’un gène anti-sécheresse.

Les plantes « écoutent » une mélodie appropriée

Concrètement, ces symphonies pastorales sont diffusées par de simples hauts de parleurs dans les champs. Les ondes acoustiques nourrissent et stimulent leurs résistances ou leur croissance. Depuis quelques années la méthode est employée par des maraichers en France, en Suisse et au Japon, des vignerons d’Afrique du sud, et parfois par des éleveurs car le même procédé conviendrait autant aux végétaux qu’aux animaux.

Certains cultivateurs emploient plutôt des sons spécifiquement créés pour fortifier les végétaux ou combattre les maladies. Des mélodies spécifiques principalement conçues par la société Genodics (http://www.genodics.com/ ) à laquelle le chercheur participe en tant que directeur scientifique. L’entreprise réalise des « protéodies » à la demande des agriculteurs et les aide à mettre en place le système sur leur exploitation.

Les morceaux diffusés par les agriculteurs semblent suivre une gamme tempérée que l’on retrouve dans la musique classique et en particulier dans le répertoire baroque, précise Joël Sternheimer. Par ailleurs, rythmes et sonorités n’agiraient pas de la même façon sur les plantes. Les « protéodies » lentes aux sons graves favoriseraient leurs croissances, tandis que des tonalités aigues aux cadences rapides combattraient certaines maladies.

La nature quantique des plantes en question

La théorie de Joël Sternheimer a pourtant laissé septique la communauté scientifique qui rappelle que les phénomènes ondulatoires qui se produisent dans l’infiniment petit sont de nature différentes que la propagation des ondes acoustiques dans l’air. L’inventeur de la Génodique a également mis en place à la Cité des sciences de la Villette, à Paris en 1985, un stand intitulé « Le piano des particules » qui nous permettait d’entendre ces fameuses « protéodies ». Une installation plus artistique que scientifique que pourrait apprécier les musiciens. Des compositions censées faire pousser les plantes qui nous révèlent que les troubadours et les chercheurs indépendants seraient les seuls à percevoir l’enchevêtrement quantique caché au cœur du vivant.

France 3 – « Salades composées », Reportage chez un vigneron, deux maraîchers et dans un laboratoire de recherche

Sur le même thème