5 œuvres de Haendel que vous avez forcément déjà entendues

Vous pensez ne pas (ou peu) connaître la musique de Haendel ? Détrompez-vous ! Ces 5 œuvres, vous les avez forcément déjà entendues...

5 œuvres de Haendel que vous avez forcément déjà entendues
Fresque représentant Georg Friedrich Haendel à Halle (Allemagne), sa ville natale., © Getty / Ullstein bild

Haendel… Haendel… Oui, ce nom vous paraît bien familier mais de quelle nationalité était-il déjà, ce compositeur ? Anglais ou allemand ? Et à quelle époque appartenait-il ? Classique ? Baroque ?

Réponse : Georg Friedrich Haendel est l’un des plus importants compositeurs du XVIIIe siècle, laissant derrière lui de nombreux chefs-d’oeuvre de la musique baroque. Quant à sa nationalité, il est d’origine allemande, naturalisé anglais (en 1727) et rendu célèbre par ses grands opéras chantés en italiens. Vous suivez ?

Petite introduction à l’univers musical et pluriel de Haendel, avec cinq extraits musicaux souvent bien plus connus que leur compositeur.

Sarabande

Tin tiiin. Tin tiin tiiiiin. Cinq accords suffisent pour reconnaître la célébrissime sarabande de Haendel. Elle est devenue un incontournable du répertoire classique, popularisée entre autres par son réutilisation dans la bande originale du film Barry Lindon, réalisé par Stanley Kubrick.

La version que l’on peut entendre dans Barry Lindon est une transcription pour orchestre. Or la sarabande d’origine, celle que Haendel écrivit pendant la première moitié du XVIIIe siècle, est une suite pour clavecin (seul).

Hallelujah !

Le Hallelujah de Haendel est si connu, si répandu, qu’il en est presque devenu l’expression même de la joie, la métaphore musicale du bonheur. D’ailleurs la tradition voudrait que l’on se lève lorsque résonnent les premières notes du Hallelujah car (selon la légende) c’est ainsi que George II, roi de Grande-Bretagne, manifesta son extase lorsqu’il entendit pour la première fois ce chœur à Londres, en 1743.

Une joie peu partagée par les autres spectateurs d’alors. Mettons-nous à leur place : pour la bonne société britannique du début XVIIIe siècle, ce qui est lyrique et théâtral relève du divertissement. Quant aux œuvres sacrées, elles ont leur place à l’église, pour la prière ou le recueillement. Comment réagir, alors, face à ce drôle de Messie, oratorio traitant d’un sujet religieux mais si proche d’un grand drame lyrique ?

Lascia ch’io pianga

Encore une sarabande ! Sauf que celle-ci est chantée et plaintive : il s’agit d’un extrait de l’opéra Rinaldo. La jeune Almirena est faite prisonnière par le roi Argante et exprime toute sa peine : « Laisse-moi pleurer sur mon sort cruel et soupirer auprès de la liberté. »

En 1711, grâce à Rinaldo, le germanique Haendel conquiert l’Angleterre et devient l’un des maestro les plus en vogues de Londres, sollicité même par la famille royale.

L’arrivée de la Reine de Saba

Après le règne, la chute. plus le temps passe et plus Haendel doit faire face à de graves difficultés financières. Plus le temps passe et moins ses opéras ont de succès… En 1737, ruiné et effondré, il s’effondre, victime d’une attaque.

Après plusieurs mois de cure à Aix-la-Chapelle, l’inventif musicien remonte peu à peu la pente et se consacre désormais à l’oratorio, aux ‘drames religieux”. La voix humaine inspire encore et toujours Haendel. Pourtant, parmi ces dernières compositions, ce sont deux œuvres instrumentales que l’on a surtout retenues : L’Arrivée de la Reine de Saba, extraite de l’oratorio Solomon (1748) et la Musique pour les feux d’artifices royaux (1749).

De torrente in via bibet

Haendel a tout juste 22 ans lorsqu’il achève ce Dixit Dominus au cours d’un voyage à Rome, en 1707. Il s’agit là de son premier grand chef-d’oeuvre et déjà s’y manifeste sa capacité d’adaptation, son habile manière de puiser dans tous les langages. Car malgré sa confession luthérienne, Haendel est ici inspiré par un texte catholique, le Dixit Dominus cité dans le Nouveau Testament.

De ses voyages italiens, Haendel garde dans ses bagages les secrets du grand opéra. De sa culture allemande natale, il conserve un certain sens de la structure, du contrepoint. Et enfin de sa terre d’adoption, l’Angleterre, il saisit l’importance de la séduction, l’art de conquérir le cœur des spectateurs. Georg Friedrich Haendel : un véritable caméléon.