VIDÉO - Miles Davis, un artiste entier

Trompettiste au timbre unique, Miles Davis a marqué le XXe siècle par son jeu pur et sa façon de s’adapter à chaque décennie. Sa personnalité très charismatique a également contribué à faire de lui une star.

VIDÉO - Miles Davis, un artiste entier
Miles Davis en 1969, © Getty / Tom Copi

L’homme controversé

Il avait songé à devenir médecin, il sera finalement musicien. Entrainé par Dizzy Gillespie et Charlie Parker à New York, il développe davantage son art dans les clubs de Jazz qu’à la prestigieuse Julliard School (qu’il ne finira pas). Rapidement il connaît un grand succès. Miles Davis mène un grand train de vie, fait parler de lui dans les journaux, s’habille de manière élégante mais connaît aussi des périodes difficiles. Accro à l’héroïne, il vit plusieurs années de profonde addiction avant de s'en sortir, seul. 

Une maîtrise totale

Le son très personnel qu’il développe reflète une maîtrise totale du musicien dans la pratique de son art. Très jeune, un de ses professeurs le reprend sur sa façon de jouer, pleine de tremolo à la Harry James (qu’il admirait) : « Pourquoi imiter les autres alors que tu es capable de trouver ton propre son ? ». Cette remarque ne le quitte pas et Miles Davis développe un son pur et unique.

Mais c’est aussi dans ses relations avec les gens qui l’entourent que Miles Davis est habitué au contrôle. Sur scène, il dirige d’une poigne de fer ses musiciens. Parfois, certains diront qu’il néglige son public pouvant passer la plupart de son temps sur scène le dos tourné à la foule. Lui se considère comme un chef d’orchestre qui doit créer une osmose avec ses compagnons de jeu.

Jazz et ségrégation

Miles Davis vient d’une classe sociale plutôt élevée (son père est dentiste). Il considère que ses pairs comme Duke Ellington ou Louis Armstrong ont ouvert des portes pour les personnes de couleur. Mais pour lui, ce n'est pas suffisant. Toute sa vie il dénonce les discriminations, parfois de manière radicale. Une réponse évidente au racisme qu'il subit, notamment lors de sa relation avec Juliette Gréco, ou le jour où il se fait agresser par un policier devant la salle où il allait donner un concert.