VIDEO - La trompette par Lucienne Renaudin Vary

Ayant remporté de nombreux concours et s'étant déjà produite sur les plus grandes scènes, la jeune trompettiste virtuose Lucienne Renaudin Vary nous présente son instrument en image et en musique.

VIDEO - La trompette par Lucienne Renaudin Vary
La trompettiste Lucienne Renaudin Vary jouant de son intrument, © Radio France / Pôle vidéo, France Musique

Un cliché qui revient souvent est que la trompette serait faite pour les hommes. Faux, faux faux ! Tout le monde peut en faire, les filles aussi, il faut qu'il y en ait de plus en plus, ça commence et c'est bien ! - Lucienne Renaudin Vary

France Musique : Pourquoi avez-vous choisi la trompette ?

Lucienne Renaudin Vary : C'est la trompette qui est venue à moi. J'étais en cours de solfège et c'est là que j'ai découvert l'instrument. J'étais séduite, le son de la trompette m'a beaucoup plu, le fait de pouvoir jouer plein de styles différents et la manière dont on tient l'instrument.

Comment ça fonctionne, une trompette ?

Une trompette, c'est simple : c'est un tuyau enroulé sur lui-même et c'est tout. Sur une extrémité, on trouve le pavillon qui va amplifier le son, et sur l'autre extrémité, l'embouchure. Comme les pistons, elle est en acier et va transmettre les vibrations des lèvres à l'instrument. Ce dernier va modifier ces vibrations pour donner le son de la trompette.

Quelle est la tessiture de la trompette ?

Théoriquement, on peut descendre jusqu'au fa dièse. Quant à la note la plus plus aiguë, c'est selon les capacités du ou de la trompettiste. On doit aussi faire des combinaisons de positions avec les pistons pour pouvoir jouer toutes les notes de la gamme. En tout, il y en a huit.

La trompette produit-elle des sons... inattendus ?

On a le flatterzunge, on l'obtient en faisant "trrrrrrrrrr" dans l'embouchure avec le son de la trompette. On a aussi les demi-pistons, c'est mon effet préféré (j'en abuse). C'est le fait de ne pas totalement enfoncer un piston, cela s'utilise beaucoup dans le jazz. Enfin, on a une petite technique très pratique appelée le "coup de langue". Elle consiste à faire "ta-ta-ka-ta" ou "ta-ka-ta" très vite dans l'instrument.

Quelle est votre œuvre du moment ?

Il y en a beaucoup, mais j'adore le "Concerto pour trompette & piano" de Dmitri Chostakovitch. Il y a beaucoup de styles, du jazz, du classique, du romantisme et aussi beaucoup d'ironie dans cette pièce.

Avez-vous une anecdote particulière à nous raconter ?

Lors d'un concours, aux Rencontres Internationales des Cuivres en Belgique, je jouais le Concerto d'Henri Tomasi qui se joue à la trompette en ut. A cette époque je n'en avais pas, je m'en suis donc faite prêter une dont les coulisses tenaient avec des élastiques. En plein milieu du morceau, ma trompette vole en éclats. Je me suis retrouvée très bête devant tous ces trompettistes, tout le monde ramassait les morceaux de coulisses et de vis. Il y en avait partout, c'était une catastrophe ! Finalement, j'ai quand même remporté le prix et j'ai gagné une trompette en ut.

Quels styles musicaux peut-on jouer à la trompette ?

Avec une trompette, on peut tout faire et c'est super car on ne s'ennuie jamais. Moi je joue de tous les styles, du classique, du jazz, de la pop, des chansons...

Que vous apporte la trompette au quotidien ?

La trompette c'est ma voix, mon moyen d'expression. Je n'envisage pas du tout ma vie sans musique et sans trompette.