Thomas Enhco: "Je fais partie d'une génération qui fait sauter les barrières".

De passage à l'hôtel d'Albret à Paris où France Musique a posé ses micros pour 15 jours de musique, le pianiste Thomas Enhco nous parle de son été, du Japon et de ses projets.

Thomas Enhco: "Je fais partie d'une génération qui fait sauter les barrières".
Le pianiste Thomas Enhco au micro d'Arièle Butaux dans la cour de l'hôtel d'Albret à Paris. (Victor Tribot Laspière / France Musique)

France Musique: Thomas Enhco, vous devez être le recordman du nombre de passages à l'hôtel d'Albret pour France Musique. Une réaction?

Thomas Enhco: Oui, ce doit être la quatrième fois que je viens ici, répondant à l'invitation d'Arièle Butaux, c'est un passage que j'aime bien, synonyme de la fin de la tournée estivale et souvent proche des vacances !

D'ailleurs comment s'est déroulé votre été?

Il a réellement débuté en mai cette année, je ne me rappelle pas avoir vécu de printemps en fait. J'ai passé l'hiver à New York où il a fait terriblement froid et j'ai enchaîné à la Folle Journée au Japon où la température était torride. J'ai ensuite entamé une longue série de concerts en Italie, en Turquie, en Bulgarie et je suis retourné au Japon en juillet où j'ai donné des concerts en solo.

Depuis peu, je suis de retour en France mais avec une programmation plutôt classique cette fois. Je vais prendre 5 jours de vacances début septembre, je sens que j'en ai besoin.

Vous vous rendez régulièrement au Japon, quel est votre lien avec ce pays?

J'y suis allé une dizaine de fois, et pour la première fois en 2008 grâce à la rencontre avec un producteur, Blue in Green. J'y ai enregistré mon deuxième album (Someday my prince will come, ndlr) et je suis régulièrement invité à jouer depuis. C'est un pays absolument fascinant et les japonais sont très attentifs à la musique.

C'en était déroutant au début. Les mélomanes nippons ont le "culte" de la musique. Ils collectionnent tous les disques, affiches, raretés, etc. Certains viennent absolument à tous les concerts même s'ils doivent faire plus de 600 km en train. C'est très impressionnant mais cela met de la pression parce qu'il ne faut pas les décevoir.

Avez-vous des projets à venir?

Oui, c'est la bonne nouvelle de la rentrée. Je pars en Suède en septembre pour y enregistrer mon premier album piano solo. C'est un grand pas en avant pour moi puisque ce seront uniquement des compositions originales. L'abum racontera une histoire de sentiments contradictoires, une histoire d'amour avec une part de romantisme mais très violente à la fois. Du Schumann avec un côté punk!

Ce sera un disque vraiment intime, tellement intime que j'ai encore du mal à trouver des titres à mes morceaux, c'est encore trop personnel. Un album solo c'est comme se mettre à poil, il ne faut pas se faire de cadeaux. Pour ce qui est des autres projets, dans une veine plus classique, nous allons enregistrer un Carnaval des animaux de Saint-Saens avec la percussioniste Vassilena Serafimova.

Vous continuez à naviguer avec autant de facilité entre le jazz et le classique?

Je n'arrive pas à me considérer uniquement comme un pianiste de jazz. Je donne également des concerts classiques comme par exemple avec le violoncelliste Henri Demarquette. Je crois que je fais partie d'une génération qui arrive à faire sauter les barrières. C'est celle d'internet, du mariage pour tous, etc.

Nous sommes une génération de touche-à-tout et c'est l'époque qui veut ça. Il est plus simple aujourd'hui d'aller dans plusieurs directions, ne serait-ce que grâce à la technologie. La seule limite, c'est bien sûr d'être bon dans tout ce qu'on entreprend, pour ne pas zapper à la moindre difficulté.

Merci, Thomas Enhco.

En concert, le jeudi 21 août au Sunside Jazz Club à Paris en trio, le jeudi 28 août à Angers dans le cadre du festival Estival de Trelaze ou encore le dimanche 14 septembre en trio avec son frère et sa mère, la soprano Caroline Casadesus, dans le cadre des Moments musicaux de Gerberoy dans l'Oise.

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