Mort de Paul Bley, immense pianiste de jazz canadien

Le pianiste et compositeur Paul Bley est décédé dimanche 3 janvier à l'âge de 83 ans. Il était l'une des figures les plus marquantes du jazz et l'un des précurseurs du free.

Mort de Paul Bley, immense pianiste de jazz canadien
Paul Bley (1932 - 2016) © JazzSign/Lebrecht Music & Arts/Corbis

Le Canada et le monde entier viennent de perdre l'un des plus grands pianistes de jazz. Paul Bley s'est éteint à son domicile à l'âge de 83 ans, ont annoncé sa fille Vanessa et sa maison de disque ECM Records.

Avec son touché reconnaissable dès la première note, Paul Bley était l'un des jazzmen les plus innovants, les plus créatifs de l'histoire du jazz. Né à Montréal en 1932 et débute le piano très jeune et découvre le jazz à l'âge de 7 ans. Il fonde son propre quartet à 13 ans et s'inspire de son idole de jeunesse, Oscar Peterson, le célèbrissime pianiste canadien. Il le remplacera d'ailleurs sur scène à peine âgé de 17 ans.

En 1949, il s'envole pour les Etats-Unis et s'inscrit à la Juilliard School pour y suivre des cours de composition et de direction d'orchestre. Très vite, il commence à se faire un nom dans le milieu du jazz américain et joue avec les pus grands : Charlie Parker, Charlie Mingus, Art Blakey, Sonny Rollins, Chet Baker, etc.

Au fil des rencontres, il développe son jeu très libre qui constituera les prémices du free jazz, notamment lorsqu'il séjournera à Los Angleles à partir de 1957 où il fondera un trio d'avant-garde avec le contrebassiste Charlie Haden et le batteur Billy Higgins. Trio qui s'étendera au quintet avec l'intégration du trompettiste Don Cherry et du saxophoniste Ornette Coleman.

En 1961, il fonde un trio atypique avec le clarinettiste Jimmy Giuffre et le contrebassiste Steve Swallow, trio sans batterie qui restera sa formation de prédilection. Marié à la compositrice Carla Bley en 1957, le trio joue les oeuvres de sa femme et donne des prestations intenses et inventives qui marqueront toute une génération de musiciens.

Artiste prolifique, Paul Bley a enregistré plus d'une centaine de disques dans les formes et les investigations sonores les plus variées, notamment en duo avec sa seconde épouse, la chanteuse Annette Peacock avec laquelle il est l'un des premiers à utiliser des synthétiseurs et des pianos électriques.

Plus sa carrière avance, plus il s'oriente vers le piano solo. Ce qui ne l'empêche pas de continuer le trio avec les jeunes jazzmen, notamment Jaco Pastorius et Pat Metheny. Avec sa troisième épouse Carol Goss, il fonde la maison de disque IAI (Improvising Artist Incorporated). Son dernier disque date est sorti en 2014, il s'agit de l'enregistrement d'un concert donné à Oslo en 2008.

Retrouvez l'hommage rendu à Paul Bley dans Open Jazz ce mardi 5 janvier à 18h par Alex Dutilh.

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