Martial Solal, Dave Liebman - Masters in Paris

Pas de Roland-Garros, mais on a quand même un “Masters In Paris”. Un simple éblouissant entre Martial Solal et Dave Liebman. Sortie chez Sunnyside.

 Martial Solal, Dave Liebman - Masters in Paris
Martial Solal & Dave Liebman, © Jean-Baptiste Millot

L'étendue de l'approche stylistique de Martial Solal et Dave Liebman est aussi vaste que leur curriculum vitae collectif. Ayant joué du jazz pendant sept et cinq décennies, respectivement, leur aisance dans toute situation musicale permet à leurs deux styles de s'exprimer sans restriction lorsqu'ils se rencontrent. 

Le pianiste et le saxophoniste n'avaient jamais joué ensemble avant 2015, date à laquelle ils se sont réunis sous l'impulsion de Jean-Charles Richard, ancien élève de Liebman, pour se produire au Sunside à Paris. Leur relation était si évidente qu'ils ont rapidement été engagés pour quelques concerts supplémentaires. Leur nouvel enregistrement, “Masters In Paris”, a été l'un de ces événements spéciaux, enregistré en direct au studio 104 de Radio France le 29 octobre 2016, dans la série Jazz sur le Vif, programmée par Arnaud Merlin.

Martial Solal est l'un des musiciens de jazz français les plus vénérés internationalement. Né à Alger, le pianiste a fait ses débuts discographiques avec Django Reinhardt et a été l'un des principaux moteurs de l'évolution de cet art en France. Dave Liebman est né à Brooklyn et a fait son entrée dans le monde du jazz au début des années 1970 en tant que membre des groupes d'Elvin Jones et de Miles Davis. Il est devenu une figure importante dans le monde du jazz en tant que improvisateur de premier plan au saxophone ténor et au soprano.

Le duo s'est réuni pour la première fois en 2015 et a partagé la scène à plusieurs reprises en France. Leur premier enregistrement, “Masters In Bordeaux” (Sunnyside, 2017), a été enregistré le 4 août 2016 au Château Guiraud à Sauternes. 

L'enregistrement commence par une interprétation galopante de A Night In Tunisia de Dizzy Gillespie ; la lecture abstraite est un exemple fantastique de la gamme expressive du duo. Stella By Starlight de Victor Young et Ned Washington met en valeur le piano capricieux de Solal et la chaude sonorité de soprano de Liebman, tandis que In and Out de Solal est une ballade patiente avec un jeu de ténor en résonnance. Le Night and Day de Cole Porter est revisité, disséqué et réassemblé de multiples façons dans une longue conversation musicale. Small One de Liebman est un hommage à un enfant, joué avec amour, comme l'exprime tendrement le duo.

Solal aborde le classique Satin Doll de Duke Ellington de manière ludique, tandis que Liebman est plus taquin. Summertime de Gershwin est rendu sous forme de collage lumineux et le duo revisite What Is This Thing Called Love de Cole Porter, transformant l'air classique en une course-poursuite musicale étourdissante. Le concert se termine par le poignant Coming Yesterday de Solal, une pièce évocatrice aux envolées flamboyantes aux rythmes déroutants.
(extrait du communiqué de presse en anglais - traduction E. Lacaze / A. Dutilh)