Jazz Trotter : Theon Cross - Fyah

Pour son premier album en leader, Theon Cross, le tubiste de Sons of Kemet, offre sa vision du Londres multiculturel de 2019 entre jazz, musique caribéenne, hip-hop et musique de club.

Jazz Trotter : Theon Cross - Fyah
Theon Cross, © Gearbox

Figure éminente de la scène jazz de Londres, le tubiste et compositeur Theon Cross a été omniprésent sur les ondes et sur scène ces dernières années. Membre actif d’une famille de musiciens londoniens qui ont participé à redéfinir les contours du jazz, il s’est non seulement fait un nom comme membre du groupe Sons of Kemet - aux côtés de Shabaka Hutchings - et pour ses productions solo. Theon Cross a récemment participé à plusieurs aventures collectives largement plébiscitées dont la très médiatisée compilation “We Out Here” parue sur le label de Gilles Peterson Brownswood Recordings et la mixtape Where We Come From pilotée par le batteur et producteur de Chicago Makaya McCraven. Il a également joué aux quatre coins du monde avec des artistes tels que la légende du grime Kano, le batteur virtuose Moses Boyd, le multi-instrumentiste et chanteur de la Nouvelle-Orléans Jon Batiste ou le rappeur mythique Pharoahe Monch et est un pilier du collectif Steam Down, basé dans le sud des Londres.

Outre ces prestigieuses collaborations, Theon Cross est le leader d’un groupe puissant pour lequel il s’est adjoint les services de deux des voix les plus singulières de la scène londonienne ; la saxophoniste ténor Nubya Garcia, rencontrée dans le cadre du programme éducatif Tomorrow’s Warriors et le batteur Moses Boyd, qu’il connaît depuis l’enfance. Son premier EP, “Aspirations” fut l’une des sorties les plus remarquées de la scène en 2015 et lui a valu une nomination aux Jazz FM Awards (meilleur instrumentiste de l’année).

Fyah” qui paraît chez Gearbox synthétise les influences de Theon Cross qui a grandi dans la capitale anglaise au son de la musique caribéenne, du hip-hop, du grime, du jazz et de la musique de club. Du massif Activate, avec sa section de basse carnavalesque à l’hymne LDN’s Burning en passant par le staccato inspiré par le grime qui court sur Panda Village, cet album incarne à merveille le magnétisme de cette scène londonienne qui regarde vers le futur. Porté par de puissantes lignes de basses jouées au tuba, de fervents solos, une section rythmique brute mais précise et une habile utilisation des synthés, cet album se révèle à la fois dansant et exigeant. “Fyah” voit Theon Cross mettre le tuba au premier plan, l’utilisant pour des lignes de basse qu’on imaginerait jouées par des machines et combinant une utilisation traditionnelle de l’instrument avec les penchants plus modernes du musicien.

Cet impressionnant premier album capture le son et l’énergie de certains des musiciens les plus en vue et les plus vigoureux de la nouvelle scène anglaise et se veut une déclaration d’intention de la part d’un musicien au top de sa créativité.

Theon Cross (tuba)
Moses Boyd (batterie)
Nubya Garcia (saxophone ténor)
invités :
Wayne Francis (Ahnansé) (saxophone ténor)
Artie Zaitz (guitare électrique)
Tim Doyle (percussions)
Nathaniel Cross (trombone) 

Theon Cross présente son album samedi 16 février à 19h au Corsica Studios à Londres.