Jazz Trotter : Tcha Limberger - Live

Après un séjour dans les musiques du monde, le violoniste Tcha Limberger revient au swing en invitant Mozes Rosenberg, jeune frère de Stochelo Rosenberg, sur “Live” qui paraît chez Frémeaux.

Jazz Trotter : Tcha Limberger - Live
Tcha Limberger, © Getty / Jon Lusk

Dans ce “Live”, Tcha Limberger et Mozes Rosenberg sont soutenus par une section rythmique impeccable et élégante, assurée par les maîtres du swing, que sont Dave Kelbie (également producteur à l’initiative de cette rencontre) et Sébastien Girardot, issus de « Django à la créole ». La chaleur de l’enregistrement en concert fait ressortir tout le talent et la générosité des musiciens. Proposant les grands standards interprétés par les plus éminents virtuoses issus de la nouvelle génération du jazz manouche, cet album est simplement évident.

Né à Bruges en 1977 d’une mère flamande et d’un père manouche (Vivi Limberger, guitariste membre du groupe Waso avec Fapy Lafertin et Koen de Cauter dans les années 70), petit fils de Piotto Limberger, grande figure de l’histoire du swing manouche en Hollande et en Belgique, Tcha baigne dans la musique depuis son plus jeune âge. Malgré ce riche héritage familial (il fut bercé dans son enfance par les disques de Django Reinhardt), il s’est forgé une ouverture d’esprit unique et un amour de toutes les bonnes musiques (jazz, musique classique, flamenco, musiques d’Europe centrale…)

Malgré sa cécité, Tcha apprend la guitare flamenca à l’âge de 6 ans (il passera ensuite à la guitare manouche) et explore tous les instruments ethniques qui lui tombent sous la main, ramenés d’Afrique ou d’Asie par des amis de la famille. Vers l’âge de 10 ans, il apprend la clarinette, puis se passionne pour le violon à l’âge de 17 ans, trouvant un peu triste que les jeunes de son entourage familial se tournent tous vers la guitare. 

Lors d’un festival de musique Tzigane à Budapest, il y écoute les musiciens de Magyar Nota ; il est tellement bouleversé qu’il décide d’apprendre le hongrois et de s’installer à Budapest pour essayer d’apprivoiser cette musique merveilleuse. Pendant un an et demi il pratique le violon six heures par jour sous le regard du violoniste hongrois Bela Horvath. L’existence du Budapest Gypsy Orchestra (formé par Tcha avec quelques-uns des meilleurs musiciens hongrois) doit beaucoup à Dave Kelbie qui connait Tcha depuis des années et partage son goût pour la musique hongroise. Ayant toujours rêvé d’emmener un orchestre de Magyar Nota en Angleterre, Dave invitera Le Budapest Gypsy Orchestra à plusieurs reprises et produira leurs deux premiers disques pour son label, l’un en 2009 enregistré en public, l’autre en 2015.

Depuis des années, de nombreux musiciens font appel à Tcha pour enrichir leurs projets (Dick Van der Harst, Koen de Cauter, Jordi Savall, Fapy Lafertin, Romani, Rino Van Hooijdonk…) tant sur scène que sur disque. S’il y collabore avec plaisir, Tcha est aussi un musicien à part entière qui porte plusieurs projets musicaux, comme Tcha Limberger’s Kalotaszeg Trio, Les Violons de Bruxelles …. ou le Tcha Limberger Trio. Si chaque projet est bien séparé des autres, Tcha ne perd jamais l’âme de la musique dans toutes ses entreprises.

Tcha Limberger a été lauréat du Prix France Musique des Musiques du Monde en 2015.

Tcha Limberger trio est en concert mercredi 23 janvier à 20h30 à La Tentation à Bruxelles dans le cadre de Djangofolllies - Special Anniversary - From Luis to Django.