Jazz Trotter : Skarbø Skulekorps - Dugnad

Humour, créativité et sens collectif : la plongée dans le souvenir des cassettes d’adolescent du batteur-compositeur norvégien Øyvind Skarbø avec ses Skarbø Skulekorps est un régal d’impertinence joyeuse. “Dugnad” sort chez Hubro / Outhere.

Jazz Trotter : Skarbø Skulekorps - Dugnad
Skarbø Skulekorps, © Helge Skodvin

“Cet album a tout. C'est pourquoi il ne s’adresse pas à tout le monde”, s’amuse Øyvind Skarbø, le chef d'orchestre, batteur et compositeur. Son jeune ensemble Skarbø Skulekorps avait déjà publié un premier album sur Hubro en 2019, qui fut salué par la critique pour son côté à la fois plaisant et imprévisible. 

Ce nouvel opus, “Dugnad” est dans la même lignée, mais il amplifie à l'extrême le genre et se situe totalement en dehors des sentiers battus. “Quand je compose je ne commence jamais avec un ordre du jour. J'écris ce qui veut bien sortir et ensuite seulement j'essaie de trouver un lien et le mettre en forme”. Avec 14 pistes complètement différentes en un peu plus de 30 minutes, cet album nous emmène d'un extrême à l'autre. 

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La structure en est inspirée par les cassettes des mixs de différentes musiques qu'il écoutait quand il était enfant. “Quand j’étais petit, mes sœurs aînées me faisaient des cassettes de ce qu'elles écoutaient. Cela pouvait être n'importe quoi : de Prince à Glenn Miller, d'Enigma à Sepultura. Ma musique a été très influencée par cette multitude de genres et d'artistes”. On reconnaît de manière évidente les influences musicales : des compositeurs classiques du XXe siècle aux séries policières télévisées de la fin des années 70, pour finir par ce qui ressemble à la bande sonore d'une console de jeu du milieu des années 90. Mais c'est la façon peu orthodoxe dont tous ces éléments sont combinés en un tout cohérent qui en fait le génie. Au lieu d'être nostalgique et de se contenter de citations et de références, il crée un sentiment de nouveauté et d’inédit. Øyvind Skarbø confirme ici à la fois ses capacités de batteur et de compositeur créatifs et celles de producteur innovant. “Je cherchais de meilleures façons de donner vie à mes idées. La situation de pandémie m'a forcé à adopter une nouvelle façon de travailler. En tant que musicien de jazz, j'ai toujours pensé aux choses d'un point de vue acoustique et live. Quand j'ai réussi à oublier cela, de nombreuses portes se sont ouvertes”

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Initialement prévu comme une session avec l'ensemble en studio, la pandémie a forcé le groupe à adopter de nouvelles méthodes de travail. Après avoir composé, les musiciens ont enregistré leurs parties chez eux, seuls ou en petits groupes. Ces enregistrements ont ensuite été restructurés et recomposés par Skarbø pendant 6 mois, pour aboutir aux 8 jours de mixage avec l'ingénieur magicien Jørgen Træen, qui a également masterisé l'album. 

L’orchestre de base est presque le même que celui de l'album précédent, et il se lit comme un « who's who » de la musique créative scandinave d’aujourd’hui : les saxophonistes Signe Emmeluth et Eirik Hegdal nous délivrent de belles mélodies tranquilles pour s'enflammer ensuite (voir le solo incroyable de Signe sur PGA The Fruit). Le trompettiste Stian Omenås joue avec Øyvind depuis 27 ans. Écoutez ses solos sur Kassett et Murgröna, et vous comprendrez pourquoi il est l'un des musiciens les plus mélodiques qui soit. Le nouveau venu Ivar Grydeland apporte une nouvelle prestance à la section des cordes, avec des parties de guitare allant vers un rock un peu rocailleux, tandis que son jeu évocateur de pedal steel apporte une touche de mélancolie. Chris Holm, auparavant connu surtout pour ses premières parties pop, ancre le groupe avec un jeu de basse extrêmement musical, pigmentant l'album de détails subtils mais distinctifs. “Je suis incroyablement fier de ce groupe, dit Øyvind. Chacun d'entre eux est un improvisateur incroyable, un interprète incroyable, un compositeur incroyable. Sans eux, ma musique ne prendrait pas son envol”

Il y a également des interventions de musiciens invités. L'altiste Klaus Holm apporte un solo d'alto éclatant sur Anti-Crime Computer en tandem avec Hegdal, tandis que le pianiste Guoste Tamulynaite se joue avec aisance des accords à 10 doigts sur Central Parker, un duo avec Emmeluth enregistré directement sur téléphone portable. Le guitariste Thomas Dahl donne le ton sur Triple F et fait ressortir son côté punk genre Sex Pistols sur F-Punk. Le fils de Skarbø, Elia, fait ses débuts discographiques sur le morceau qui porte son nom, tandis que l'un des compositeurs les plus appréciés de la musique classique contemporaine, Øyvind Torvund, fait une apparition spéciale au synthé modulaire sur le morceau qui clôture de l'album. “Dans l'ensemble, ce fut un bondugnad, dit Øyvind, en référence au mot norvégien impossible à traduire. Chacun a donné son maximum, malgré les moments difficiles que nous traversons. Ce nouvel album est sorti grâce aux efforts mis en commun de nous tous. C'est la définition de dugnad”. (extrait du communiqué de presse)