Jazz Trotter : Randal Despommier - Dio C'è

Originaire de New-Orleans et aujourd’hui new-yorkais, le saxophoniste Randal Despommier fait ses débuts sur “Dio C’è”, co-produit par Jimmy Haslip, le bassiste des Yellowjackets. Sortie chez Outside in Music le 5 février.

Jazz Trotter : Randal Despommier - Dio C'è
Randal Despommier, © Chris Drukker

Je crois que Randal est un immense talent. En tant que saxophoniste, il est au niveau international et c’est un compositeur très original”, confie Fred Hersch. Derrière chaque pièce de son album, Randal Despommier a une histoire très personnelle à raconter.

Giorgia a été inspiré par une jeune femme italienne qui est venie danser dans ma vie ! J'ai écrit SoHo après avoir y déménagé en venant du Lower East Side. Un sérieux rétrécissement : le nouvel endroit faisait à peine 35 mètres carrés, la porte ne fermait pas très bien (un pied de biche était passé par là dans les années 80), mais j'étais plus près du Smalls et du Mezzrow, où je participais à beaucoup plus de jam-sessions en me sentant davantage connecté avec la scène new-yorkaise. Durant cette période, je jouais également des transcriptions d’Art Pepper, m'essayais à Mozart et Stravinsky et j'écoutais les gospels de Smokie Norful sur le bus M21. Tout cela s’est combiné et a inspiré ce morceau à tempo rapide. 

J'ai écrit Saying Goodbye quand la danse a pris fin, pensant y ajouter des paroles mais parfois les mélodies se suffisent à elles-mêmes.

Brother Nature est dédié à un ami de la famille, Rick Denson, alias The Witch Doctor, et met en valeur Oskar Stenmark et Jimmy Haslip

Au cours de l'été 17, j'ai fait un voyage impromptu de Rome à Cesena avec mon ami Luigi. En arrivant en Émilie-Romagne, j'ai remarqué les mots "DIO C’È” (Dieu existe) bombés en blanc sur des panneaux de signalisation. J'ai d'abord pensé que cela signait la renaissance du christianisme en Italie avant d’être sidéré d'apprendre son sens véritable, "l'héroïne est en vente ici". Dieu est toujours présent, en un sens, mais comme celui qui reprend la vie !

En rentrant à Rome, j'ai commencé à penser à mes propres bêtises et aux moments où je me suis un peu trop approché du feu... Cette suite autobiographique, qui met en lumière les chanteurs Aubrey Johnson, Allegra Levy, Tomàs Cruz et Patrick Laslie, est inspirée par mon parcours, mes luttes, ma recherche de la paix intérieure et la joie de la trouver dans des rituels, des lieux et des personnes qui m’ont aidé à m’élever. Elle évoque également mes expériences de chef de chœur dans diverses chorales d'église au fil des ans. 

Bye Butterfly est une version en piano solo de Saying Goodbye

Big Empty est un hommage à Scott Weiland, le chanteur soliste des Stone Temple Pilots. L'original est toujours très émouvant pour moi, ça me rappelle quand j’étais jeune, confus, sur stimulé, que je dansais dans des concert punks et que je traînais avec ma petite amie du lycée sur son canapé. Il se peut que vous trouviez ça tordu, et c'est mon objectif pour cet arrangement avec la guitare de Ben Monder

La première fois que j'ai entendu Almeno tu nell'universo, c’était lors de mes études à Pérouse, en Italie, en 2005. C’est la chanson du film Ricordati di me, interprétée par Elisa, mais d'abord popularisée par une chanteuse italienne extraordinaire, Mia Martini. Il s'agit de trouver l'amour dans un monde plein de gens qui suivent aveuglément leurs dernières lubies et zigzaguent au grè de leurs caprices : "senza serietà,come fosse niente" (sans gravité, l’air de rien…). 

Pour la typographie du titre de l'album, j’hésitais entre le graffiti  "DIO C’È" et la chanson de Mia Martini "Dio c'è". J’ai choisi “Dio C’è”.
(extrait du communiqué de presse en anglais - traduction E. Lacaze / A. Dutilh)