Jazz Trotter : Omer Klein - Personal Belongings

Dans son dernier album, le plus personnel à ce jour, Omer Klein offre un regard avisé sur le monde contemporain. Nés en 2020 pendant la pandémie, ces dix morceaux reflètent son point de vue en tant qu’être humain, pianiste, compositeur, leader de formation, père de famille et artiste multi-culturel.

Jazz Trotter : Omer Klein - Personal Belongings
Omer Klein, © Peter Hönnemann

Pour Omer Klein, à l’instar du reste de la planète, la première vague du Covid a été, comme pour nombre de ses confrères, particulièrement éprouvante. Né en Israël et résidant aujourd’hui à Francfort, sa vie de musicien voyageur a été brusquement stoppée du jour au lendemain lors du printemps 2020. N’étant pas du genre à broyer du noir, il a profité de ce temps libre pour composer. Une large partie du monde était à l’arrêt, la maladie frappait un grand nombre de personnes et l’époque était marquée par de sombres images. 

En observant le monde extérieur et ses propres sentiments, Omer Klein a peu à peu imaginé un arc narratif profond et vibrant, telle la version miniature d’un tableau. Les directions instrumentales des dix titres de “Personal Belongings” sont particulièrement révélatrices en décrivant des aller-retours permanents entre la solitude et le besoin de se retrouver.

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En plus des six pièces pour piano solo où son attachement à l’instrument est plus fort que jamais, les quatre autres titres de l’album sont interprétés avec ses partenaires de longue date Haggai Cohen-Milo à la basse et Amir Bresler à la batterie. La tension qui en résulte crée des contrastes palpitants entre les instants contemplatifs et l’énergie du trio. Cette vibration unique apparaît dès le début de l’album dans les deux titres enchaînés Kavana et Baghdad Blues, qui mêlent le romantisme du Moyen-Orient à l’improvisation jazz.

The Magnets, qui réunit le Brésil et Brahms, est une chanson d’amour fiévreuse au surprenant final pastoral, et un des titres les plus intimistes du répertoire de Omer Klein. Ce morceau et le lyrique Sun Girl s’inspirent de la relation qu’entretient Klein avec sa compagne. Gracieux et plein d’insouciance, The Flower and the Seed, est dédié à ses enfants. 

Il va sans dire que la liberté, les liens entre les peuples, les pays, les coutumes et les langues jouent un rôle important dans cet ensemble. Omer Klein et ses partenaires sont des experts du jazz qui essaient sans cesse de se surpasser. Mais la musique de Omer Klein reste divertissante, au sens le plus noble du terme. Le shuffle funky de Shake It est complexe, mais ses mélodies pétillantes le rendent immédiatement accessible, y compris pour les non-initiés au jazz. Omer Klein n’a pas l’intention d’impressionner l’auditeur, mais simplement d’élaborer une musique aussi riche que possible.

Il s’inspire parfois de sources littéraires, comme par exemple dans le mystérieux morceau en solo Najara, du nom d’un poète liturgique juif dont les vers ont inspiré une de ses mélodies les plus habitées. Omer Klein a délibérément placé à la fin de “Personal Belongings “une reprise intimiste du classique What a Wonderful World. Une déclaration forte, car en étudiant ses paroles, le musicien a réalisé que le charme apparent de cette chanson dissimulait une douleur intense. Après tout, 2020 n’a pas été que l’année du Covid : elle était aussi celle du mouvement #BlackLivesMatter. “The colors of the rainbow, so pretty in the sky”. La beauté des couleurs de peau et des cultures illuminent le dernier titre de “Personal Belongings”, ainsi que la phrase suivante, si poignante à l’époque du Covid : “I see friends shaking hands, saying how do you do, they’re really saying I love you”.

La musique du pianiste et compositeur Omer Klein est "sans frontières" (The New York Times) grâce à son assimilation organique de sources d'inspiration très diverses, alors qu'il ne cesse de "propulser les concepts du jazz classique vers l'avenir" (Time Out New York). Interprète et compositeur prolifique, Omer Klein a sorti 8 albums en tant que soliste et publié plus de 100 compositions originales. 

Artiste exclusif de Warner Music, Klein a réalisé deux enregistrements pour le label à ce jour. ”Sleepwalkers” (2017) est une exploration en trio de thèmes liés à la société à l'ère de l'information, pour laquelle le Omer Klein Trio a remporté le prix Echo 2018. Il a été suivi par “Radio Mediteran” (2019), en ajoutant des synthétiseurs analogiques et des percussions au format classique du trio, créant ainsi "un album très contemporain, tourné vers l'avenir, plein de grooves subtils et de mélodies fortes" (Hamburger Abendblatt). "Personal Belongings", le troisième album de Klein pour Warner Music et le neuvième de sa discographie,  sort le 17 septembre.

Les points forts à venir en 2021-2022 incluent les débuts de Klein à la Berliner Philharmonie et au Wiener Konzerthaus, ainsi que la première d'une nouvelle composition pour le théâtre et la danse au Schauspiel Frankfurt.

Avec le bassiste Haggai Cohen Milo et le batteur Amir Bresler, Klein a formé le Omer Klein Trio en 2013. Le trio interprète les compositions de Klein et a effectué de nombreuses tournées. Leur premier enregistrement, “Fearless Friday” (2015), est considéré comme "l'une des nouveautés les plus gratifiantes de ces dernières années" (All About Jazz). Par ailleurs, la collaboration de Omer Klein avec le virtuose de la mandoline Avi Avital a été célébrée comme la rencontre créative de deux esprits. Klein a notamment improvisé de nouveaux mouvements pour des pièces de J.S.Bach interprétées par Avital. D'autres collaborations incluent le projet de Omer Klein avec le NDR Big Band en 2019, et un projet de duo à venir avec le percussionniste classique Alexej Gerassimez, suite à leur résidence au Festspiele Mecklenburg-Vorpommern en 2017. 

“L'un des artistes les plus fascinants ayant émergé de ce pays au cours de la dernière décennie”, peut-on lire dans le City Mouse Tel Aviv. Les racines de la musique israélienne se font entendre haut et fort dans les créations d’Omer Klein. Il a composé des chansons et s'est produit avec des chanteurs emblématiques comme Arik Einstein, Gidi Gov, Yehudit Ravitz et Rona Kenan. Il est régulièrement présent au Red Sea Jazz Festival et au Tel Aviv Jazz Festival en "élargissant les horizons musicaux du pays". (Haaretz).

Omer Klein est né en Israël en 1982 et a grandi à Netanya. Il est le fils de parents nés en Israël et le petit-fils d'immigrants venant de Tunisie, de Libye et de Hongrie. Il a commencé à jouer du clavier à l'âge de 5 ans, puis s'est tourné vers le piano à 13 ans, tout en composant et en improvisant dès son plus jeune âge. Il a étudié à la Thelma Yellin High School of the Arts à Givatayim, avant de s'installer aux États-Unis en tant que bénéficiaire d'une bourse du New England Conservatory à Boston, où il a étudié le piano jazz avec Danilo Perez et Ran Blake, et le piano classique avec Alexander Korsantia. En 2005, Omer Klein s'est installé à New York, où il a poursuivi ses études en privé avec Fred Hersch. Depuis 2009, il est basé en Allemagne. Il vit actuellement à Francfort avec sa compagne, l'actrice Viola Pobitschka, et leurs trois enfants.
(extrait du communiqué de presse)