Jazz Trotter : Michael Gregory Jackson - Frequency Equilibrium Koan

"Frequency Equilibrium Koan" du guitariste Michael Gregory Jackson qui paraît chez Golden Records, nous renvoie aux grandes années du Loft Jazz new-yorkais.

Jazz Trotter : Michael Gregory Jackson - Frequency Equilibrium Koan
Michael Gregory Jackson, © Jon King

La Loft Jazz Scene à New York - pour vivre un moment extraordinaire dans une période magique : un concert de 1977 par un quartet d'icônes de l'avant-jazz jouant la musique de Michael Gregory Jackson : Julius Hemphill (saxophone), Abdul Wadud (violoncelle), Pheeroan aKLaff (batterie), Michael Gregory Jackson (guitares et compositions)

"Je n'arrive pas à croire que cela se soit passé il y a plus de 40 ans. Cela ressemble à l'avenir." - Bill Frisell

"...Vernon Reid, Jean-Paul Bourelly, Sonny Sharrock et James Blood Ulmer... [chacun] a créé sa propre combinaison unique de funk harmolodique, de post-punk, de no wave, d'avant skronk et de psychédélisme moderne, et voici le Jackson doux et bluesy en son cœur, avec un ton mordant, filtré seulement occasionnellement par des effets. Il n'est jamais trop tard pour découvrir un musicien aussi talentueux et créatif." -Phil Freeman, The Wire, juillet 2019

Fréquence - la vitesse à laquelle se produit une vibration qui constitue une onde, soit dans un matériau (comme dans les ondes sonores), soit dans un champ électromagnétique (comme dans les ondes radio et la lumière).

Équilibre - un état dans lequel les forces ou les influences opposées sont en équilibre : un état d'esprit calme.

Koan - anecdote ou énigme paradoxale, utilisée dans le bouddhisme zen pour démontrer l'insuffisance du raisonnement logique et pour provoquer l'illumination.

Il y a de nombreuses années, dans un endroit autrefois enchanté qu'ils appelaient The Big Apple, à New York, dans le Lower East Side, une scène s'est figée, une importante révolution/renaissance culturelle était en train de se produire... elle devait plus tard être appelée "The Loft Jazz Scene".

Cette période a été un moment magique dans ma jeunesse, j'avais 23 ans, j'ai plongé directement au plus profond. Cette scène était vibrante, englobante, bouillonnante, originale et incendiaire. Nous avons tous fait notre propre truc, séparément et ensemble, concentrés et motivés.

Musiciens, artistes, poètes, dramaturges, acteurs, investisseurs, galeries, clubs, musées et établissements d'enseignement supérieur étaient pour la plupart en synergie ; pour mettre en valeur et se réjouir des torrents de musique créés et joués dans le Lower East Side, et au-delà ; pour toucher un vaste monde, un public apprécié d'auditeurs aventureux.

Je jouais et collaborais avec des musiciens qui ne pouvaient être décrits que comme des îlots d'individualités autonomes, avec lesquels je me connectais sur des fréquences puissantes et spirituelles, et en communion avec une aura profonde. Nous partagions nos idées, nos expérimentations et nos voyages de la manière la plus intime qui soit.

Je ne me souviens pas du moment exact où j'ai rencontré Julius Hemphill, mais je me souviens avoir été immédiatement frappé par sa manière déterminée et profondément intelligente, par la cadence douce et chaleureuse de sa voix, et par son large sourire, savant, contagieux et espiègle. Julius était l'une de mes personnes préférées, un maître musicien, un pionnier du son, un innovateur et un compositeur magistral. J'étais honoré de le voir jouer ma musique, de partager avec lui un air éthéré. Ses contributions étaient toujours flamboyantes, sincères et à couper le souffle. Reposez en paix Sir Julius.

J'ai rencontré le violoncelliste Abdul Wadud à la même époque, je n'ai pas eu l'occasion de le connaître très bien personnellement, mais notre lien dans la musique était fort. Pour dire les choses simplement, Abdul est un génie, un homme et un musicien d'une intensité, d'une intégrité, d'un feu, d'une connaissance, d'une expérience et d'une sagesse profondes. Son jeu incroyable m'a scotché, il m'a apporté une grande joie chaque fois que nous avons joué ensemble.

J'ai rencontré le batteur Pheeroan aKLaff au théâtre La Mama à Alphabet City, je ne sais pas en quelle année. Pheeroan aKLaff était toujours là, une présence constante à nos spectacles. Nous avons entamé une conversation et sommes instantanément devenus amis. Je jouais beaucoup avec le grand maître, saxophoniste et compositeur Oliver Lake. Une fois qu'Oliver et moi avons entendu jouer Pheeroan, il était clair, nous savions que aKLaff serait le batteur parfait pour notre musique, et nous avions raison. aK avait une énigmatique personnalité de Verseau, son jeu de tambour est intuitif, passionné et visionnaire. J'admire beaucoup son sens de l'humour, sa force et son humilité gracieuse. J'ai apprécié chaque conversation que j'ai eue avec lui. Au fil des ans, j'ai engagé Pheeroan pour jouer dans plusieurs de mes ensembles et nous avons maintenu notre amitié. Pheeroan aKLAff est un rebelle, il personnifie fortement le passé, le présent et l'avenir de distingués batteurs/compositeurs/musiciens. Je suis honoré de le connaître et de jouer de la musique avec lui.

"Frequency Equilibrium Koan" est l'une de mes archives personnelles sur cette scène. Ces pièces font partie des nombreuses compositions de longue durée que j'écrivais et que je jouais à l'époque. F.E.K. a été enregistré en public dans la salle du regretté chanteur Joe Lee Wilson, The Ladies Fort, en 1977 sur mon fidèle magnéto à cassette Sony. Cet enregistrement n'est pas sans poser quelques problèmes de son, il est un peu brillant ici et là, il y a quelques ruptures, et un peu de saleté et de saturation de la bande... Un écho du temps passé, dans une musique qui est totalement présente.
Michael Gregory Jackson, 2021
(extrait du communiqué de presse en anglais - traduction E. Lacaze / A. Dutilh)

Michael Gregory Jackson (guitare électrique, guitare acoustique, percussions corporelles, carillons, flûtes en bambou)
Julius Hemphill (saxophone alto)

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