Jazz Trotter : Maya Dunietz - Free The Dolphin

Pour son premier album, la pianiste, compositrice et artiste israélienne Maya Dunietz, entendue aux côtés de John Zorn et Cheveu, s’offre un autoportrait musical où le blues et la musique éthiopienne côtoient le jazz sous toutes ses formes

Jazz Trotter : Maya Dunietz - Free The Dolphin
Maya Dunietz, © Dudi Hasson

Enregistré en trio avec le bassiste Barak Mori et le batteur Amir Bresler et réalisé par le producteur Rejoicer (Stones Throw), “Free The Dolphin” de Maya Dunietz,, qui accueille également le trompettiste Avishai Cohen, est un disque qui confronte modernité et classicisme avec brio.

Maya Dunietz, née en 1981 à Tel Aviv, est une artiste sonore, plasticienne, compositrice, chanteuse et pianiste qui n’aime rien tant que croiser les disciplines, interroger le monde et mélanger ses influences.

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À la découverte du disque que lui consacre la célèbre collection Ethiopiques, en 2006, elle rencontre et se lie avec la compositrice et religieuse éthiopienne Emahoy Tsegué-Maryam Guèbrou : elle joue sa musique en solo au piano à travers le monde, arrange le répertoire pour orchestre et fait publier pour la première fois les partitions.

Elle m’a appris à être libre et à faire ce que je voulais” raconte Dunietz aujourd’hui. “En tant que pianiste, son influence a été immense. Appréhender et jouer sa musique m’ont également réconcilié avec la musique classique ; j’ai enfin découvert la liberté qui était la mienne après des années à me tenir à distance de Beethoven, Brahms ou Chopin - ces écrasantes (et masculines) figures d’autorité.”

Maya Dunietz prête également sa voix à John Zorn, rencontré à la New School for Jazz and Contemporary Music à New York qu’elle intègre en 1999, signe un disque avec John Edwards et Steve Noble, deux figures du free jazz anglais, collabore avec plusieurs groupes pop et rock majeurs du paysage musical israélien (Habiluim, Midnight Peacocks, Boom Pam) mais aussi avec le trio français Cheveu.

Elle mène en parallèle des recherches sur les liens entre la musique, les arts visuels, la technologie et la philosophie. Ses installations et œuvres sonores ont été vues au Centre Pompidou, au Palais de Tokyo, à la Biennale de Venise et dans plusieurs centres d’art contemporain et galeries à travers le monde. Pour Thicket, présenté au Centre Pompidou en 2018-2019, elle crée une installation composée de 10 000 écouteurs composant un immense “nuage acoustique” à la croisée du son et de l’image. Pour sa première exposition américaine, qui commencera le 8 juillet prochain à Omaha, dans le Nebraska, Dunietz présentera notamment la pièce Root of Two avec 17 pianos connectés à des transducteurs basse fréquence, qui jouent simultanément.

“_Ces installations et ces performances sont aussi des composition_s” précise Dunietz, “il m’est difficile de savoir quelle pratique influence l’autre mais elles sont connectées et viennent du même endroit - ces différents médiums me permettent d’exprimer et d’explorer des énergies différentes. Après tout, quand je fais une installation sonore, je fabrique un instrument sur lequel jouer” résume-t-elle.

“Free The Dolphin” est le premier album solo de Maya Dunietz. “Ces idées trottent dans ma tête depuis des décennies” dit-elle. Pour les mettre en musique, elle s’est entourée de ses compatriotes Barak Mori à la basse et Amir Bresler à la batterie (“c’est vraiment la section rythmique de mes rêves”) et a invité l’illustre trompettiste Avishai Cohen ainsi que la voix du groupe français Cheveu, David Lemoine. À la production, on retrouve Rejoicer, maître à penser de Buttering Trio - fleuron de la scène beat de Tel Aviv - et auteur de deux albums solos pour le label californien Stones Throw : “J’avais besoin de sa créativité sans borne et de son énergie productive pour mettre en forme ces idées et en faire un album”, précise Dunietz.

Nous avons enregistré en un jour et demi au studio Raw Tapes” raconte-t-elle. “Les nuits précédentes, j’avais écris quelques esquisses de compositions pour le trio, des choses très minimalistes - une mélodie par ici, un groove très simple par là. J’avais délibérément laissé de l’espace pour que Barak et Amir y ajoutent leurs couleurs et c’est exactement ce qu’ils ont fait. Avant la session, Rejoicer et moi avons écouté des albums en trio à la recherche du son que nous voulions recréer pour cet album. Doctor Adir - qui nous a aidés pour l’enregistrement - et Rejoicer, ont mené de sérieuses recherches sur la façon dont ces albums avaient été enregistrés, avec quels genres de micros, etc. Ce travail préparatoire a permis à l’album d’avoir ce son incroyable. Le résultat est au-delà de mes espérances, je trouve ça magnifique”.

On trouve sur “Free The Dolphin” des touches de folk, des rythmiques inspirées par la musique africaine, des moments qui flirtent avec le free jazz, des références au blues et à la tradition du piano stride et une superbe reprise du standard Lover Man. Maya Dunietz mélange toutes ses influences, aussi diverses soient-elles, pour ce disque en forme de voyage, très personnel, autour du groove.
(extrait du communiqué de presse)