Jazz Trotter : Mary Halvorson Code Girl - Artlessly Falling

À l’occasion de son 40ème anniversaire (le 16 octobre), Mary Halvorson publie “Artlessly Falling” chez Firehouse 12 avec son groupe Code Girl. Sortie ce vendredi 30. Un subtil tissage entre poésie et composition spontanée scénarisée.

Jazz Trotter : Mary Halvorson Code Girl - Artlessly Falling
Mary Halvorson Code Girl, © James Wang

"Non seulement elle est la guitariste la plus marquante de sa génération, mais ce son rapeux et distordu n’a que peu de rivaux - Michael J. West, Washington Post. "Quand toutes ses influences se mettent en place, le résultat est sans équivalent, dans n'importe quel genre." - Seth Colter Walls, Pitchfork. "Une des voix les plus distinctives du jazz... possédant un timbre étonnamment glissant." - Chris Barton, LA Times

Récemment saluée comme "l'improvisatrice la moins prévisible de New York" par Howard Mandel, la guitariste-compositrice Mary Halvorson s'impose également comme l'une des compositrices les moins prévisibles de ces dernières années. ”Artlessly Falling”, élargit et fait évoluer Code Girl, le projet de l'artiste de Brooklyn qui faisait la couverture de DownBeat en juin 2018. 

Reliant forme et fragmentation, “Artlessly Falling” s’inspire de huit formes poétiques, du haïbun à la villanelle. "Cette approche était différente car elle m'a mis au défi de façonner la musique dans le cadre de diverses formes poétiques préexistantes", explique Mary Halvorson, qui a écrit chaque poème, en utilisant souvent des schémas de mesure et de rimes spécifiques, avant de composer la musique. 

Coproduit par Mary Halvorson, Nick Lloyd et David Breskin, l'album fait appel à des collaborateurs de longue date - Amirtha Kidambi au chant, Michael Formanek à la basse et Tomas Fujiwara à la batterie -, ainsi que de nouveaux venus comme Adam O'Farrill à la trompette, María Grand au saxophone ténor et au chant, sans oublier un chanteur invité très spécial, le légendaire musicien britannique Robert Wyatt, dont la musique a été une source d'inspiration pour Mary Halvorson au fil des ans. 

"Robert est l'un de mes héros", dit-elle. "C'est tellement important pour moi qu'il ait accepté de chanter sur ce disque, car sa musique a eu une énorme influence sur Code Girl, et sur à peu près tout ce que j'ai fait. J'ai écrit les trois morceaux sur lesquels il chante spécialement pour lui, et j'ai été éblouie par la grâce et la brillance avec lesquelles il a abordé cette musique. C'est un rêve devenu réalité". 

L'improvisation débridée de Mary Halvorson s'étend des lignes fulgurantes soutenues par une section rythmique à réponse rapide au récit intime par le biais de son son caractéristique. Ses choix fourmillent d'intentions et d’inconfort. La sensibilité de Michael Formanek, sa profondeur harmonique et sa variété de textures caractérisent l'importance de sa présence sur le disque. En plus de la spontanéité féroce qui traverse  l'album, l'ajout des performances vocales de Robert Wyatt et María Grand sert l'appétence de Mary Halvorson pour l'expérimentation orchestrale. Les différentes textures et techniques vocales offrent des permutations sonores presque sans fin qu'elle explore d'un morceau à l'autre. 

"J'ai adoré le fait que María ait pu à la fois chanter et jouer du saxophone sur le disque. C'est un doublage unique. Le nouveau contexte m'a permis la flexibilité d'avoir deux voix et un saxophone, parfois deux cuivres et une voix". 

Mary Halvorson tient à ce que les auditeurs puissent trouver leur propre interprétation de certains morceaux, un clin d'œil au nom de Code Girl. "Tout le monde ne va pas se connecter aux paroles de la même manière", dit-elle. "Certaines d'entre elles ont plusieurs significations, ou une signification qui m'est propre. J'aime utiliser le langage dans le but d'avoir cette flexibilité". 

Tout au long de l'enregistrement, les paroles ont tendance à s'aligner sur la musique composée, incitant l'improvisation à se produire dans les espaces intermédiaires - mais pas exclusivement. Encouragée par David Breskin - lui-même poète publié - Mary Halvorson a relevé les multiples défis de la forme. "L’écriture de “'Artlessly Falling” m'a pris des mois", dit-elle. "Il y avait tellement de brouillons, et il a beaucoup changé au fil du temps. C'était comme résoudre un Rubik's cube." Étonnamment, lorsqu'elle a terminé le projet final, la musique est apparue rapidement. "C'est presque comme si la forme elle-même avait inspiré la musique", dit Mary Halvorson. "Beaucoup de ces formes sont intrinsèquement musicales, la sestina, par exemple remonte aux troubadours du 12ème siècle. La poésie et la musique sont similaires en ce sens qu'il y a beaucoup à gagner à les lire ou à les écouter plusieurs fois", dit-elle. 
(extrait du communiqué de presse en anglais - traduction E. Lacaze / A. Dutilh)