Jazz Trotter : La jeune génération du jazz britannique

Nick Smart, Dominic Lash, Raymond MacDonald et Alexander Hawkins, jeune génération du jazz britannique chez Babel Label.

Jazz Trotter : La jeune génération du jazz britannique
Alexander Hawkins, Raymond Mac Donald, Dominic Lasch, Nick Smart ©Emile Holba, raymondmacdonald.co.uk, dominiclash.blogspot.com, nicksmart.co.uk

Babel Label , lié au club londonien Vortex, est une vitrine de la jeune scène londonienne du jazz. Un série de sorties récentes permettent de faire le point sur les musiciens à suivre de près dans les années qui viennent. Choix sélectif :

Le trompettiste Nick Smart présente son sextet Trogon dans « Tower Casa ». S’il mène ses propres projets depuis 2005, le trompettiste a mûri au sein du big band de Kenny Wheeler et du quartet de James Taylor. À New york il a côtoyé Dave Douglas et John Hollenbeck… Il est également directeur musical du Neon Orchestra de Stan Sulzmann ainsi que du Troykestra… Pour les accents afro-cubains de Trogon (l’oiseau national de Cuba), il a réuni le guitariste Chris Montague, de Troyka, le pianiste Kishon Khan originaire du Bangladesh, le bassiste cubain Denny « Jimmy » Martinez et le batteur Dave Hamblett.

Le bassiste Dominic Lash a d’abord marqué la scène improvisée londonienne avant de s’installer à New York en 2011 où il travaille notamment avec Taylor Ho Bynum et Harris Eisenstadt. Le quartet qu’il a assemblé pour « Opabinia » correspond à son premier album en leader. Ce fut d‘abord un trio, créé en 2009 avec le pianiste Alexander Hawkins et le batteur Javier Carmona. Deux ans plus tard, le saxophoniste et clarinettiste Ricardo Tejero les rejoignait. Si Dominic Lash avoue quelques réticences à se cantonner au domaine du jazz (la musique japonaise gagaku lui importe tout autant), le mode du jazz le rattrape dans ce quartet.

Le saxophoniste Raymond MacDonald s’est associé avec la pianiste américaine Marilyn Crispell pour « Parallel Momets » une série du duos enregistrés en club au Vortex. Épris d’improvisation (il fut un fidèle des fous furieux du London Improvisers Orchestra) mais attaché à la forme, il tente de garder un fil lisible dans ses envolées lyriques. Günter Baby Sommer, George Lewis, Axel Dorner ou Fred Lomberg-Holm font partie de ceux avec lesquels il aime échanger sans filet. Raymond MacDonald partage aussi un quartet avec George Burt et dirige un International Big Band où l’on retrouve aussi bien la pianiste japonaise Satoko Fujii que le guitariste des Sonic Youth, Jim O’Rourke. Il multiplie aussi les collaborations avec des écrivains, chorégraphes, peintres ou cinéastes.

En même temps qu’un troisième album de son Ensemble, le très jeune pianiste Alexander Hawkins publie son premier enregistrement en piano solo. Plus proche de Cecil Taylor que d’Art Tatum, il n’hésite pas à se revendiquer des déconstructions dadaïstes de Sun Ra s’il s’agit de relire Ellington… On l’avait repéré dans le groupe d’Ethio-jazz de Mulatu Astatke et au côté du batteur sud-africain Louis Moholo-Moholo. Il co-dirige également le Convergence Quartet anglo-américain (avec Taylor Ho Bynum, Dominic Lash et Harris Eisenstadt) et se produit à l’orgue Hammond pour le trio Decoy.

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