Jazz Trotter : Hans Anselm Big Band - Liquide Circle

Le Hans Anselm Big Band vient de clôturer une tournée de concerts en Allemagne pour la présentation de leur nouvel album “Liquid Circle” qui paraît chez Double Moon.

Jazz Trotter : Hans Anselm Big Band - Liquide Circle
Hans Anslem Big Band, © hansanselmbigband.com

Dix-huit noms apparaissent pour les pupitres, Benedikt Schnitzler (guitare), Anna Wohlfahrt (piano), Arne Imig (basse) et Leon Griese (batterie), qui représentent le noyau du big band en tant que quartet, Albrecht Ernst, Olga Amelchenko (tous deux saxophones alto), Anna Tsombanis, Musina Ebobissé, Leonie Freudenberger, Marc Doffey (tous au saxophone ténor), Malte Mittrowann, Gabriel Rosenbach, Laurin Köller, Alexander Gibson (tous à la trompette), Jan Landowski, Sonja Beeh, Gregor Littke et Chris Lüers (tous au trombone). 

Mais il en manque un : Hans Anselm. À une époque où les égos démesurés sont si répandus que chacun doit à tout prix se faire remarquer et tente d'attirer l'attention du public, il est surprenant que, bien qu'un orchestre de jazz commence explicitement sous un certain nom, la personne ne semble pas participer activement au processus musical. Réminiscence d'un co-musicien décédé ? Un remerciement caché à un sponsor ? Ou un pseudonyme ?

Pas du tout. "Hans Anselm est notre ami imaginaire, un peu fou, qui a accompagné le groupe depuis le début", a révélé Benedikt Schnitzler. "Il incarne une sorte de conscience collective qui nous unit lorsque nous sommes ensemble sur scène. Malheureusement, il ne peut être vu que par le groupe, mais il est toujours là".  Une sorte de bon esprit qui veille sur l'ensemble, le pousse doucement dans la bonne direction et s'assure toujours que chaque son est au bon endroit. En fait, chaque groupe aurait besoin de quelqu'un comme Hans Anselm, surtout à cause des excès décrits ci-dessus. Car lorsque de jeunes musiciens se réunissent pour la première fois en petit groupe dans le grand Berlin, ils doivent automatiquement se mesurer à une masse ingérable de concurrents, sans parler d'un CD qui menace de se perdre dans la vaste mer d'enregistrements. 

Mais Schnitzler, Wohlfahrt, Imig, Rosenbach et Griese voulaient combiner leurs idées et les convertir en musique sonore, de façon optimale avec la variété d'une machine sonore telle qu'un big band. Ils voulaient créer un son qui soit avant tout authentique et qui bouleverse les habitudes d'écoute traditionnelles. De cette vision, avec laquelle l'ensemble se réinvente sans cesse, est né quelque chose de fabuleux, comme l'a mentionné Hans Anselm.

"Nous sommes fascinés par le défi de composition, l'énergie et la puissance sonore qu'un big band peut générer, les nombreuses possibilités de timbres, de dynamiques et d'ambiances, la complexité sonore et la confrontation avec son propre langage musical", a déclaré le guitariste Benedikt Schnitzler en décrivant la motivation des 18 musiciens. En outre, la pianiste Anna Wohlfahrt et lui, en tant que compositeurs, portent une responsabilité beaucoup plus grande que dans les petits groupes, où l'accent est souvent mis sur l'improvisation. Le Hans Anselm Big Band jouit désormais d'une grande réputation dans la capitale, notamment grâce à un album studio et live ainsi qu'à une prestation dans le cadre du programme culturel de la radio RBB. En outre, l'orchestre est soutenu financièrement par le département de la culture et de l'Europe du Sénat de Berlin depuis 2019. Tous les membres de l'ensemble se connaissent soit grâce à leurs études communes, leurs contacts personnels, leurs recommandations ou leurs précédentes collaborations. En plus du facteur musical, le facteur humain en particulier est extrêmement important, afin que le flux créatif des idées puisse fonctionner sans entrave, a souligné Schnitzler.

"Liquid Circle" est le 81ème CD de la série "Jazz Thing Next Generation", qui connaît un succès durable en Allemagne. En sept morceaux sur mesure, un univers délicat, des grooves flous, des nuances de cuivre colorées, des effets électroniques et des éléments de composition sophistiqués s'assemblent pour former un opus qui vous guide doucement dans un autre monde. Tantôt bruyants et intenses, tantôt calmes, délicats et presque fragiles, les musiciens tentent d'exprimer leurs émotions et d’en dépeindre toute la palette. "Bien sûr, la musique est créée par un travail de répétition important et par notre propre conception du son", a expliqué Benedikt Schnitzler. "Et on essaie ensuite de transposer cela en un bon résultat par le biais de la partition".

Cela crée le son excitant et unique d'un collectif musical capable de raconter des histoires et dont les émotions se fondent en un son unique. Merci Hans Anselm !
(extrait du communiqué de presse en anglais - traduction E. Lacaze / A. Dutilh)