Jazz Trotter : Geir Sundstøl - St. Hanshaugen Steel

Après plus de 400 albums en tant que sideman, le guitariste et collectionneur d'instruments Geir Sundstøl a fini par produire une trilogie d’albums à son nom : “Furulund”, “Langen Ro” et “Brødløs” qui a remporté le Grammy/Spellemann norvégien. “St.Hanshaugen Steel” paraît chez Hubro.

Jazz Trotter : Geir Sundstøl - St. Hanshaugen Steel
Geir Sundstøl, © Raymond Mosken

St.Hanshaugen Steel” offre un éventail extraordinairement large de références de genre. Geir Sundstøl nous emmène loin dans ses paysages sonores. Avec des traits cinématographiques prononcés, il déploie une impressionnante variété d'instruments, passant de la profondeur de l'harmonica basse au tranchant du marxophone. Entre les deux, de scintillantes couches de guitare steel. Les apparitions éthérées de la chorale de garçons Sølvguttene viennent ajouter au clair-obscur du tableau.

L'album “St.Hanshaugen Steel” est un hommage à l'usine qui porte le même nom. Usine d'acier, fondée par les Frères Jebsen, elle a fonctionné entre 1890 et 1969, et était située sur St.Hanshaugen à Oslo, qui est maintenant un quartier résidentiel très populaire où vit aujourd’hui Geir Sundstøl. Le titre est bien sûr en clin d’œil à l’instrument d’honneur de l’album : la guitare steel.

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Si le son de “St. Hanshaugen Steel” présente des points de continuité avec les précédents albums, on note une différence importante dans la palette développée par la horde de synthétiseurs de Geir Sundstøl.

"Étant né à la fin des années soixante, les vocodeurs, les drum machines Simmons, et les synthés en général, sonnent très modernes pour moi." Les heures d'exploration et d'étude de cette modernité transparaissent dans cette musique autrement plutôt organique. Il s’amuse à déformer des sons familiers pour créer un son inédit : "Au départ, il s'agissait d'un projet technique. Je voulais explorer les possibilités d'enregistrer de la pedal steel sur une bande analogique, à 30 ips, puis de la ralentir à 15 ips. Exactement une octave en dessous. Il y a encore des traces de cette expérience sur l'album (voir Smet et Våg), mais l'exploration s'est transformée en chansons."

Une autre expérience s'est transformée en un morceau éclectique, Hoven : "J'ai joué avec le pitch control sur ma boîte à raga. Cela a lentement évolué vers une mélodie étrange. C'était toujours une mélodie hindoue, mais lorsque nous avons ajouté les lignes de basse d'église et le chœur de garçons, elle s'est transformée en une chanson « multi-religieuse ».

Comme pour son premier et troisième album (le second a été enregistré à l'église St. Jakob d'Oslo), Geir Sundstøl a réalisé “St. Hanshaugen Steel” chez lui, dans son studio. Une fois encore, on retrouve ses collaborateurs privilégiés : le batteur et percussionniste Erland Dahlen, les bassistes Mats Eilertsen et Jo Berger Myhre, et le claviériste David Wallumrød. Bien que Geir Sundstøl manipule lui-même une grande variété d'instruments parfois inhabituels, la présence de ces usual suspects est cruciale pour réaliser l'univers musical de Sundstøl

Une voix unique, mais nouvelle dans cet univers particulier, est celle d'Arve Henriksen, qui laisse sa marque personnelle sur le morceau d'ouverture, Våg. Geir Sundstøl raconte : « J’admire l'expression lyrique d'Arve depuis des années, et j'ai finalement réussi à oser lui demander de participer. Au départ, on avait demandé au trompettiste de jouer sur la coda de Våg, mais il s'est laissé emporter, et a ajouté 10 pistes de trompette et de cor. Nous avons enregistré ce morceau en pensant que la pedal steel à mi-vitesse, la contrebasse et la drum machine Simmons constitueraient le cœur du morceau mais il y en avait bien plus à la fin. »

S'il aura fallu à Geir Sundstøl le concours de tant d'instruments pour arriver à son but, force est de constater que less is more n'est pas une règle absolue.
(extrait du commmuniqué de presse)