Jazz Trotter : Dan Wilson - Vessels of Wood and Earth

Dans “Vessels of Wood and Earth”, le guitariste Dan Wilson dénonce une société qui a tendance à privilégier les apparences sur les structures fondatrices moins apparentes.

Jazz Trotter : Dan Wilson - Vessels of Wood and Earth
Dan Wilson, © Brent Veverka

Dans la société actuelle, la perception prime sur la réalité, dans la vie quotidienne. Des offres de styles de vie apparemment luxueux inondent les réseaux sociaux, offrant un aperçu de la réussite qui repose rarement sur une base solide. Tout comme une belle maison se pare de riches décorations intérieures, en dessous tout repose sur du bois et de la terre. 

À travers onze compositions allant de reprises de chansons de Stevie Wonder, Marvin Gaye et Ted Daffan à un clin d'œil à John Coltrane, en passant par cinq compositions originales, Dan Wilson construit une base ancrée autant dans la tradition que dans la création musicale. 

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Cette attention à l’état du monde était déjà à l'esprit de Dan Wilson pour son premier album sur le nouveau label, Brother Mister Productions, de Christian McBride. C’était la deuxième sortie du label. "En 2014, j'étais artiste en résidence au Tri-C Jazz Festival de Cleveland, dans l'Ohio", explique Christian McBride. "J'ai été impliqué dans de nombreux concerts et actions de sensibilisation durant quatre jours. Terri Pontremoli, directrice du festival, est l'une de mes plus proches confidentes et collaboratrices depuis plus de 20 ans. Il y a une chose qu'elle n'avait jamais faite au cours de notre amitié, c'est le coup du "j'ai quelqu'un que tu dois entendre". C'est pourquoi, lorsqu'elle l'a fait cette année-là, j'ai été assez surpris. La personne qu'elle voulait que j'entende était le guitariste Dan Wilson. Lorsque je suis arrivé au Mahall's ce soir-là et que je l'ai entendu jouer de la guitare en solo, j'ai été super impressionné. Il sortait tout droit de la lignée Montgomery / Benson / Burrell / Martino. À la fin du concert, j'ai su que je venais de rencontrer quelqu'un que j'aurais dû rencontrer bien avant. Dan Wilson est un monstre absolu ! Il a une technique phénoménale et sa connaissance des anciens est très sérieuse. J'ai maintenant l'honneur de vous le présenter en tant que Brother Mister artist. Pour reprendre les mots de Terri, "J'ai quelqu'un que vous devez écouter !".

Accompagné du pianiste Christian Sands, du bassiste Marco Panascia, du batteur Jeff "Tain" Watts et de la chanteuse invitée Joy Brown, le guitariste virtuose a des racines musicales étendues inspirées de la Motown, du gospel et de la tradition du jazz, ce qui lui donne un sens aigu des arrangements. 

"J'essaie de susciter le même genre de réaction viscérale à la musique que celle que j'éprouve dans mes tripes en la faisant", commente Dan Wilson. "Je veux transmettre la joie que j'éprouve à faire de la musique". Cette joie est profondément ancrée dans ses débuts musicaux au sein de la communauté religieuse, où il a été rapidement immergé dans la riche tradition du gospel. Gamin, il a été exposé à une grande richesse musicale grâce à son père, qui jouait de la batterie et de la basse, et à sa mère, une chanteuse douée.

"Mes parents adoraient la Motown", déclare Wilson. "Mon père ne jouait qu'à l'église, jamais à la maison, mais l'influence de ma mère sur moi a été amplifiée par sa connaissance des standards et son incroyable mémoire pour se souvenir des paroles, ainsi que par ses dons naturels de chanteuse." Les parents de Dan Wilson l'ont exposé aux grandes chanteuses comme Dinah Washington, Gloria Lynn, Sarah Vaughan et Ella Fitzgerald, ce qu'il attribue à son approche arioso des solos.  

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Ces influences familiales se poursuivent lorsque l'oncle de Dan Wilson lui fait découvrir le monde du jazz à travers la musique de Wes Montgomery et ses duos avec l'organiste Jimmy Smith. “ J'avais 14 ou 15 ans", se souvient Wilson, "mon oncle m'a emmené dans sa cave et m'a fait écouter Wes et Jimmy, et je me suis dit : "Oh, c'est ça pour moi. Je veux faire ça ! Je veux faire ça pour toujours".

La carrière de Dan Wilson l'a amené à explorer ces fondations établies par la tradition guitare/orgue, ce qui l'a finalement conduit à une invitation de Joey DeFrancesco. Dan Wilson a ensuite obtenu une nomination aux Grammy Awards pour l'album “Project Freedom” de Joey DeFrancesco (Mack Avenue Records, 2017). Dan Wilson jouait avec Joey DeFrancesco depuis quelques années lorsqu'il a rencontré le bassiste, compositeur, arrangeur, Christian McBride. "C'était exactement comme la première fois que j'ai rencontré Joey - magique. Nous avons joué trois morceaux et dès la première note, c'était comme si nous étions nés pour jouer ensemble". À partir de là, Dan Wilson est parti en tournée avec le trio Tip City de Christian McBride, ce qui a conduit Christian McBride à se retrouver producteur de ce “Vessels of Wood and Earth” et à sortir l'album sur son label Brother Mister Productions nouvellement formé par Mack Avenue Music Group.

À propos de Dan Wilson

Ayant grandi à Akron, dans l'Ohio, Dan Wilson a passé la majeure partie de sa jeunesse au sein de la communauté religieuse, où sa musique a germé. Les traces de ses principales influences à la guitare - dont Wes Montgomery, Charlie Christian, Joe Pass et George Benson pour n'en citer que quelques-unes - sont perceptibles dans son jeu, mais son identité musicale a été façonnée par tout, du gospel et du blues au jazz traditionnel, au hip-hop et aux saxophonistes comme Sonny Rollins et Joe Henderson.
(extrait du communiqué de presse en anglais - traduction E. Lacaze / A. Dutilh)