Jazz Trotter : Anna Weber - Idiom

“Idiom” qui paraît chez Pi Recordings, de la saxophoniste, flûtiste et compositrice Anna Webber est la suite de son album “Clockwise”, que le Wall Street Journal a qualifié de "visionnaire et captivant."

Jazz Trotter : Anna Weber - Idiom
Anna Weber, © Peter Gannushkin

“Clockwise” de Anna Webber, avait été élu #6 meilleur album de 2019 par le NPR Jazz Critics Poll, qui l'a décrit comme une "musique entêtante [qui] fait appel au reste du corps." Son album de 2020, “Both Are True” (Greenleaf Music), co-dirigé par la saxophoniste et compositrice Angela Morris, a été classé parmi les dix meilleurs albums de 2020 par The New York Times. Elle a récemment été nommée 2021 Berlin Prize Fellow et a été élue meilleure flûtiste "Rising Star" dans le Downbeat Critic's Poll 2020. 

Idiom” est une série de six pièces composées de manière rigoureuse, chacune d'entre elles étant basée sur une technique spécifique d'extension du son pour les bois. Ce terme général désigne toute manière non traditionnelle de produire un son sur un instrument, y compris l'utilisation de multiphoniques, de doigtés alternatifs, de bourdonnements, de sons aériens, de clics de touche, de notes soufflées et autres. Anna Webber l’a puisée dans son propre langage d'improvisation. 

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Ces œuvres sont le résultat de sa conviction que les compositeurs/interprètes de jazz sont dans une position privilégiée pour créer les véhicules parfaits pour eux-mêmes en tant qu'improvisateurs. Utilisant fréquemment des “techniques étendues” dans son propre jeu, Anna Webber a entrepris de créer un continuum entre son vocabulaire de composition et d'improvisation, en orchestrant ces effets pour l'ensemble du groupe et en les appliquant à différents instruments.

Idiom II, tiré de ce livre de compositions, est paru sur “Clockwise”, tandis que le nouveau projet - réparti sur deux volumes - comprend les cinq autres pièces de Idiom. Les quatre premières mettent en scène son Simple Trio, avec le batteur John Hollenbeck et le pianiste Matt Mitchell, qui est son groupe de travail principal depuis huit ans. Pour ces pièces, elle utilise le piano et la batterie pour mettre en valeur certains aspects de ses techniques de flûte et de saxophone, tout en tirant parti de leurs potentiel dynamique. 

Anna Webber a basé Idiom I sur les doigtés "ventilés" de la flûte (c'est-à-dire lorsqu'une touche supplémentaire est maintenue enfoncée ou laissée relevée, ce qui entraîne un dysfonctionnement microtonal de l'instrument), ainsi que sur le bruit de la touche et les notes soufflées. Pour Idiom III et Idiom IV, elle utilise divers multiphoniques de saxophone qui créent un intervalle très proche, mais pas tout à fait, d'une octave. Cela fait sonner l'instrument comme s'il pulsait selon un rythme régulier, similaire au "battement" que l'on entend lorsque deux hauteurs sont très proches d'être accordées. Idiom V utilise un large éventail de techniques de flûte étendues, qui ont ensuite été analysées spectralement afin de générer des sons et des hauteurs pour le piano et la batterie.

Idiom VI, d'une durée d'une heure, est interprété - en six mouvements et quatre interludes - par un groupe de douze musiciens répartis à parts égales entre improvisateurs et spécialistes de la musique contemporaine. La technique étendue spécifique utilisée comme fondement de cette œuvre est une série de dyades multiphoniques du saxophone ténor qui forment de petits intervalles  qui se manifestent à la fois littéralement et abstraitement tout au long de la pièce. la pièce. En plus de les utiliser dans son orchestration et ses improvisations, ils sont également utilisés par Anna Webber pour générer des accords et des gammes, ouvrant ainsi la voie à des combinaisons sonores inédites et mystérieuses.

Selon le pianiste Matt Mitchell : "Bien qu'étant collègue avec Anna depuis près d'une décennie, je suis toujours frappé par son incursion dans de nouveaux territoires créatifs. J'ai été immergé pendant un certain temps dans la musique du trio du premier disque, mais je suis toujours frappé par la cohérence, l'esprit et l'énergie concentrée de cette musique. Ces traits sont développés de façon exponentielle dans le labyrinthe polychrome de la musique pour ensemble de 12 musiciens du deuxième disque. Je parie que même les plus enthousiastes des auditeurs d'Anna, dont le nombre ne cesse de croître, trouveront dans cette musique un labyrinthe de richesses dans lequel ils pourront indéfiniment se perdre et se retrouver. Les musiciens créatifs modernes sont souvent - et devraient être - une catégorie en soi, et l'étrangeté perçue menant à l’évidence est à la fois une caractéristique de Idiom et le genre d'Anna Webber.". Avec cette nouvelle œuvre, Anna Webber a créé un monde sonore singulier, un “magnum opus” audacieux qui ouvre une nouvelle voie à l'amalgame de la composition et de l'improvisation d'avant-garde.
(extrait du communiqué de presse en anglais - traduction E. Lacaze / A/ Dutilh)