Jazz Trotter : Andrew Renfroe - Run in the Storm

Pour “Run in the Storm”, le guitariste Andrew Renfroe emprunte aussi bien au blues du Delta qu’à Olivier Messiaen.

Jazz Trotter : Andrew Renfroe - Run in the Storm
Andrew Renfroe, © Andrew Renfroe

Andrew Renfroe est surtout connu comme le guitariste d'artistes tels que Braxton Cook, Carmen Lundy, Tia Fuller, Ned Goold et Jonathan Barber. Basé à New York, il a mis en lumière une vision originale sur son EP “Dark Grey” de 2020. Alors que ce dernier était basé sur des influences et de des sources variées - Delta blues, musique d'Afrique de l'Ouest, le quartet  de Coltrane ou Olivier Messiaen - Andrew Renfroe a abordé son premier album complet “Run in the Storm” comme un véhicule uniquement pour des compositions originales.

Parmi les diverses surprises sonores, on retrouve le son à la fois boisé et précis et le phrasé élastique de la guitare de Andrew Renfroe. Le lyrisme blues aérien que l'on entend sur Dula, le solo mordant mais élégant de la deuxième partie de Gotham montrent clairement que Andrew Renfroe est un guitariste à suivre. Avec des cordes de gros calibre, des médiators épais et une attaque puissante, ainsi qu'un micro acoustique capturant sa sonorité naturelle pour compléter le son électrique saturé, il se situe stylistiquement quelque part entre une approche traditionnelle, basée sur le langage du jazz, et une sensibilité moderne qui manie laes pédale d’effets. Ses influences guitaristiques sont résolument plus roots et basées sur le blues, moins liquides et éthérées, que ce qui est commun dans le domaine de la jeune guitare jazz d'aujourd'hui - ce qui se reflète dans son duo intime quasi-acoustique de 2020, “Small Vacation”, avec le bassiste Luke Sellick.

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De plus, l'étrange jeu à l’unisson de Andrew Renfroe avec le saxophoniste alto Braxton Cook est un point central de “Run in the Storm”, né d'influences communes et d'un lien musical instantané que tous deux ont formé au début des années d’étudiant de Andrew Renfroe à la Juilliard School. 

Le titre Run in the Storm est basé sur le souvenir troublant d'un événement traumatisant : "J'ai grandi en pêchant sur des bateaux en Floride", se souvient Andrew Renfroe, "et mes souvenirs les plus marquants concernent tous l'océan. Cette chanson parle d'une époque où ma famille et moi avons failli mourir en mer. Une tempête intense nous avait frappés très rapidement et des parties du bateau se sont brisées, avec beaucoup d'éclairs et une énorme houle. Mon père et mon oncle étaient les seuls adultes et ont dû rester en haut pour conduire le bateau. C'est une histoire dont ma famille se souvient tout le temps, celle de l'adrénaline et de la nécessité d'être toujours prêt quand les choses se compliquent. Toutes ces chansons ont été écrites au cours d'une période orageuse de ma vie, et c'est une prémisse à laquelle on peut s'identifier : on ne peut pas rester assis dans les vagues (nous aurions chaviré), mais on doit plutôt les traverser et "courir dans la tempête". (Une autre prise émouvante de la chanson titre est disponible sur Bandcamp).

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Outre Braxton Cook, les musiciens de “Run in the Storm” partagent leurs propres histoires entrelacées avec Andrew Renfroe : le prodige du piano/clavier Taber Gable avait fait appel au guitariste sur son premier album “Hidden Driveways” en 2020, ainsi que le batteur Curtis Nowosad pour un album éponyme inspiré en 2019. Sur “Run in the Storm”, le batteur joue d'un kit électro-acoustique hybride sur tous les morceaux, à l'exception de Gotham et Run in the Storm, combinant des phrasés et des sons jazz avec une influence hip-hop marquée. À propos du bassiste très demandé Rick Rosato, Andrew Renfroe déclare : "Nous nous sommes rencontrés lors d'un concert en trio en jouant des standards et nous avons eu une osmose musicale immédiate. Même si c'était un contexte très différent pour nous deux, je savais qu'il serait parfait pour cet enregistrement." Marquis Hill, l'une des grandes voix actuelles de la trompette, apparaît en tant qu'invité sur Gotham, inspiré par le frère de Andrew Renfroe dans les services armés.

À l'exception de Dula et Gotham, toutes les chansons de “Run in the Storm” ont été inspirées d'une manière ou d'une autre par le grand Olivier Messiaen, dont la musique stimulante et peu orthodoxe constitue pratiquement un monde à part dans le canon classique. "C'est généralement simple de prendre un ou deux de ses accords, ou peut-être une courte mélodie, comme point de départ", explique Andrew Renfroe. "Il se peut que ce soit ce qui se passe en une seule mesure, et j'essaierai d’en faire la semence du reste de la mélodie". Alps, par exemple, est dérivé de la première mesure de Le Chocard des Alpes de Messiaen, tandis que 1998 emprunte des mouvements d'accords à Le Banquet Céleste.
(extrait du communiqué de presse en anglais - traduction E. Lacaze / A. Dutilh)