Jazz Trotter : Allison Russell - Outside Child

Chanteuse, poète, compositrice et multi instrumentiste, Allison Russell nous présente “Outside Child”, son premier album, qui paraît chez Fantasy.

Jazz Trotter : Allison Russell - Outside Child
Allison Russell, © Marc Baptiste

Membre de Birds Of Chicago et de Our Native Daughters (avec Leyla McCalla, Rhiannon Giddens et Amythyst Kiah), Allison Russell nous invite à découvrir un univers intime et touchant et des chansons toutes autobiographiques, liées à un passé très douloureux qui lui était nécessaire de partager.

Née et élevée à Montréal, Allison Russell imprègne sa musique des couleurs de sa ville, ses lumières, paysages et langages, mais aussi des traumatismes dont elle y a été victime. C’est une réflexion déchirante sur une enfance que personne ne devrait supporter, et en même temps une puissante affirmation de soi, au sein d’un nouveau foyer qu’elle a su se créer à Nashville. Sur l’album, de nombreuses collaborations ont pu s’y nouer comme celles avec  Yola, Erin Rae, les McCrary Sisters, Ruth Moody, le producteur Dan Knobler, Jamie Dick, Joe Pisapia, ainsi que son compagnon JT Nero.

Pour autant que le monde soit profond et large, c’est à l’intérieur de pièces obscures, des endroits banals et sans aération que les vraies histoires de nos vies se jouent, se troquent, se négocient, retenues et clamées à haute voix. Et la chanson a commencé très certainement comme un cri ou comme une prière mais aucun besoin de discerner l’un de l’autre, car ce sont les mêmes et sacrés tous deux : la prière et le gémissement deviennent chanson dès qu’on les partage.

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Il arrive à certains de nous, plus tard dans la vie, de retomber sur nos pieds ; tandis que d’autres, encore jeunes, glissent dans le traumatisme comme des pierres qui coulent, et s’enfoncent sous le poids de leur propre univers. Parmi ces derniers, hélas, beaucoup ne remontent jamais. Mais ceux qui le peuvent sont habituellement lumineux, la lutte ayant placé leur cœur à l’extérieur de leurs corps, tel le balancement d’une lanterne dans cette pièce obscure. C’est également à l’intérieur d’une telle pièce que Allison Russell chanteuse, songwriter, poète et activiste a été témoin d’elle-même dans sa descente. Mais l’enfant abusé qu’elle était est devenue la mère, la femme courageuse et l'artiste féroce dont la survie était l’une de deux options, et pas la plus probable.

“Outside Child” qui tire de l’eau du puits sombre d’un passé violent est la première offrande qu’elle nous livre en leader. Raconter sa propre histoire semble maintenant l’avoir libérée, pas de tout, mais assez pour se sentir libre à l’intérieur de cette vie : libre de recadrer et reprendre son identité et son autorité singulière. Les chansons relèvent d’un rêve hanté, comme des draps propres secoués, claqués, et étendus au grand jour. Elles vibrent du désir de vie du poète romantique, et de l’audace de la persévérance.”

On pense à Nina Simone, et à Édith Piaf aussi, deux praticiennes, deux chamanes ayant tourné leurs visages vers la lame de la tempête avant de rugir de dignité et d’espoir. Cette musique, pas moins, rien de moins, est admirable : lustrée et étincelante, indiciblement belle lorsqu’elle chante l’indicible. Surtout, c’est l’acte d’une remarquable générosité, un cadeau cathartique, soulful, effervescent et rédempteur qu’elle nous offre et, il faut le croire, à elle-même aussi. Joe Henry
(extrait du communiqué de presse)