Jazz Culture : Usage(s) du Monde - Yves Dormoy

Spectacle musical comme invitation au voyage autour de films documentaires d’archive du Centre National du Cinéma et de textes de Nicolas Bouvier proposé par Yves Dormoy.

Jazz Culture : Usage(s) du Monde - Yves Dormoy
Photo - capture d'écran Usage du Monde MEA 603*380

Une vie sans musique, ça n’aurait pas grand sens, écrivait l’écrivain voyageur Nicolas Bouvier. C’est au poète voyageur qu’Yves Dormoy rend hommage dans ce spectacle inspiré par "L’usage du monde" (1963). Les collections des archives du film du Centre National du Cinéma ont livrés quelques trésors documentaires des expéditions du début du XXème siècle, scénographiés dans une invitation au voyage, visuel, musical et littéraire. Si, comme dans "l’Usage du Monde", le voyage cinématographique se déroule d’ouest en est, de l’Europe vers l’Asie, le texte de Bouvier ne sert pas de commentaire aux images. Il est un fil conducteur ; il donne un sens, libère, met à fleur de peau l’émotion que les images procurent. La pensée de Bouvier, sa manière d’appréhender le voyage, l’inconnu, le paysage, l’homme, éclaire la manière dont on voyageait trente ans avant lui. Le voyage comme invitation au décentrement, à se rendre disponible et ouvert au monde extérieur, à en grappiller « les miettes », et à se laisser remodeler par lui.

La musique a un rôle central puisqu’elle doit porter et d’unifier les images. Elle construit ainsi une autre narration, parallèle à celles des archives documentaires et du texte. Elle n’est jamais illustrative ni anecdotique ; elle se refuse à tout exotisme ou orientalisme pour ne servir que la dramaturgie qu’elle invente.

Le compositeur privilégie une musique contemporaine et poétique, un jazz d’inspiration mentale plus qu'expérimental, basé à la fois sur des instruments acoustiques et sur l’ordinateur, l’ordinateur comme instrument de composition, de mémoire et de citation. Aucun cliché qu’une image sonore claire, nette, travaillée avec soin sur laquelle vient se déposer le texte de Bouvier.

Chaque mouvement musical invite à un voyage, suggère un cheminement sans en dévoiler d’emblée tous les détours. On pourrait évoquer l'étrange force dramatique de la musique, son art du suspense, sa façon de ne pas résoudre, de très peu développer, d'être constamment sous-tendue pour servir l’image et le texte.

Projection mardi 26 janvier à 20h30 au Cinéma Balzac à Paris

Texte
L’Usage du Monde de Nicolas Bouvier 1963
dit par Christian Izard

Yves Dormoy (conception, réalisation, clarinettes)
Antoine Berjeaut (trompette, claviers)
Andi Pupato (percussions)

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