Jazz Culture : "Un autre paysage" de Blutch

“Un autre paysage” paraît chez Dargaud. Avec une incroyable palette de sujets, de genres, de supports et de techniques, Blutch nous entraîne dans un dédale d’images nourries de peinture, de jazz, de cinéma, de photographie, de livres d’images et de paysages intérieurs.

Jazz Culture : "Un autre paysage" de Blutch
Un Autre Paysage, © Blutch

Figure, paysage, variation, musique, cinéma, illustration, panorama : ces sept parties abordent les champs d’exploration de Blutch en dehors de la bande dessinée, révélant sa capacité à changer de registre artistique. 

« J’ai commencé à dessiner sans but, ne cherchant à imiter personne, pour la simple raison que je ne connaissais personne », dit Blutch dans la conversation d’introduction menée par Emmanuel Abela. Il a entre trois et quatre ans, il est neuf et vierge de toute influence, quand il commence à dessiner « sans le vouloir », instinctivement. C’est le geste premier, une sorte de « cri primal ». Il garde de ses débuts enfantins la candeur, l’appétit et la liberté. Récalcitrant à toute routine, à toute classification, Blutch est un aventurier. Dessinateur de génie, il explore toutes les humeurs et toutes les atmosphères, de l’étrangeté à la loufoquerie en passant par la simple beauté d’une lumière ou d’une attitude. Un autre paysage s’évade de la bande dessinée — où le dessin, obéissant à une grammaire précise, est « contraint » — pour offrir un univers sensible, un « journal émotionnel » à travers lequel une vie s’esquisse sans commentaires superflus.

Page 39 de "Un autre paysage"
Page 39 de "Un autre paysage", © Blutch

Né à Strasbourg en 1967, Christian Hincker, dit Blutch, est diplômé des Arts décoratifs de sa ville natale. Il publie ses premières bandes dessinées dans le magazine Fluide Glacial à partir de 1988. La revue Lapin accueille les récits qui deviendront Sunnymoon, tu es malade (L’Association, 1994). Cornelius publie Lettre américaine (1995), puis la série de cinq fascicules intitulés Mitchum de 1996 à 1999. Pour la revue (À suivre), il s’émancipe du registre humoristique en adaptant le Satyricon de Pétrone. L’album Peplum sera publié en 1997 par Cornelius. L’année suivante, il publie Le Petit Christian, dans lequel il met en scène les souvenirs de son enfance en Alsace dans les années 70.

Il poursuivra ce volet autobiographique dans un second tome, qui paraît dix ans plus tard en 2008. En 2002, il intègre la collection « Aire Libre » chez Dupuis avec Vitesse Moderne.

Parallèlement à ses travaux d’auteur, Blutch illustre plusieurs ouvrages pour enfants au début des années 2000. Il a mené depuis une carrière prolifique d’illustrateur, notamment pour le cinéma (affiches des trois derniers films d’Alain Resnais) et la musique. Il a publié une dizaine de livres ces quinze dernière années, principalement chez Futuropolis (C’était le bonheur, La Volupté, La Beauté) puis chez Dargaud (Pour en finir avec le cinéma, Lune l’envers, Vue sur le lac, Variations). Blutch a reçu le Grand Prix de la ville d’Angoulême en 2009.

Par ailleurs, pas moins de trois expositions consacrées aux œuvres de Blutch sont organisées en ce moment dans les musées de Strasbourg, sa ville natale (22 mars - 30 juin) :