Jazz Culture : Sylvain Daniel - Pauca Meae

“Pauca Meae” de Sylvain Daniel est un électrochoc entre couleurs classiques et psychédélisme électrique. Le bassiste a puisé son inspiration dans les Contemplations de Victor Hugo.

Jazz Culture : Sylvain Daniel - Pauca Meae
Sylvain Daniel, © Arno Weil

Après avoir exploré l’univers de la Motown et du rap électro de Detroit dans sa précédente création, “Palimpseste”,Sylvain Daniel effectue cette fois un voyage introspectif. Ce disque nous renvoie aux doutes de l’existence, où affleurent les tourments de l’enfance et les souvenirs évanouis d’un romantisme que l’âge adulte a du mal à étouffer.

Sylvain Daniel ne s’en cache pas, il s’est retrouvé seul en studio après s’être séparé de la mère de ses enfants avec, entre les mains, “Pauca Meae”, soit le livre IV des Contemplations de Victor Hugo qu'elle lui avait confié, s’attachant donc particulièrement aux écrits inspirés par la disparition de Léopoldine, la fille du poète.

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Dans sa réflexion autour de l’idée perdue en chemin qu’il se faisait de la famille, de son rôle de père, de l’amour aussi, le bassiste a composé dans un état de deuil, la vie passée envahissant le présent. Et comme chez Victor Hugo, il a été happé par les émotions et les sentiments qui, un jour ou l’autre, ont traversé beaucoup d’entre nous. Ce thème universel donne un album aussi mélancolique qu’agité, avec l’insertion d’extraits de textes du poète, comme une mise en condition mentale, qui résonnent en effet comme ceux appris un jour par cœur à l’école, puis oubliés, mais ayant laissé, à notre insu, des traces.

Ainsi les accents qui se confondent dans “Pauca Meae” vont de Miles Davis à Nirvana ambiancé par David Lynch ou Dead Can Dance, le tout côtoyant un quatuor à cordes. Tourné vers le passé, mais accompagnant la métamorphose du style musical de l’artiste, cet album opère la jointure entre son éducation, le renvoyant à ce que son propre père lui faisait écouter, les classiques comme Fauré, Debussy, Ravel, et son parcours musical personnel commencé au conservatoire en tant que corniste. Cela, avant de s’émanciper radicalement à travers des musiques résolument actuelles, du jazz au rock, du funk débridé à l’électro. C’est donc un disque personnel et communicatif où les déchirures de la vie servent de palette à un album aux titres variés et envoûtants. Ils passent tour à tour de mélodies douces-amères à des explosions rythmiques reproduisant toute la gamme des troubles langueurs que procure un état de crise intime entre abattement et folles pulsions. Portions de vie qui pourraient être résumées dans l’instrumental qui clôt l’album, Elle avait pris ce pli.
(extrait du communiqué de presse)

Sylvain Daniel (basse, voix, claviers additionnels, percussions, bugle)
Guillaume Poncelet (trompette)
Sophie Agnel (piano, synthétiseur Juno)
David Atkin (batterie)
Johan Renard (violon)
Anne Le Pape (violon)
Cyprien Busolini (alto)
Jean-Philippe Feiss (violoncelle)
Olivier Augrond (voix)