Jazz Culture : “Pour ceux qui aiment le jazz” de Roger Kasparian

Exposition des photographies de Roger Kasparian au Studio Boissière à Montreuil (93), jusqu’au 25 octobre.

Jazz Culture : “Pour ceux qui aiment le jazz” de Roger Kasparian
Nellie Monk, © Roger Kasparian

''Regarder une photo de jazz revient à entendre la musique par les yeux'”.

Les photographes et les jazzmen ont la nuit et la couleur noire en commun, ce sont elles qui permettent à la musique de s'incarner, et aux images de faire leur apparition.

Au fil de nombreuses nuits des années soixante, Roger Kasparian, alors jeune photographe parisien témoigne de la visite des grands noms du jazz venus d'Amérique.”Pour ceux qui aiment le jazz, exposition-vente et titre d'une célèbre émission de jazz, présentera une vingtaine de tirages argentiques quasi inédits.

Roger Kasparian immortalise les concerts de l’Olympia : Ella Fitzgerald, Ray Charles en 1962, le quartet de John Coltrane, grand serviteur du saxophone, accompagné du batteur Elvin Jones, et tant d’autres. Roger Kasparian est aussi à l'aéroport du Bourget pour l'arrivée des stars, il assiste aux échanges avec le producteur Norman Granz, aux séjours dans les grands hôtels, avec Ray Charles attablé, où Art Blakey est en sortie de bain et Duke Ellington prend son petit déjeuner dans sa suite avant une répétition. Il est aussi dans la loge de Sonny Rollins, alors sans chevelure blanche, nettoyant son saxophone. Le mégalithe énigmatique Thelonious et Nellie Monk sous les volutes de son fume-cigarette nous rappellent que ces artistes furent tous des “Jazz Messengers”  et Paris une destination naturelle.

Nina qui choisit le nom de Simone en hommage à l'écrivaine française éponyme, deviendra un symbole de l'engagement au mouvement pour les droits civiques des Africains-Américains. Interdits de scène, ou servant de vitrine culturelle pour les USA, ces créateurs de génie poussent l'expérimentation musicale à l'extrême, canalisant une certaine rage ainsi qu'une intense tristesse, et faisant du Jazz un langage universel, une musique-monde.

Géniaux marginaux, inspirations divines, jupes retroussées backstage , élégances cravatées ou déchéances le garrot autour du bras, mécènes fantasques, sessions mythiques, démences, volutes et fulgurances : le jazz contient dans l'odyssée qui l'a vu naître tous les ingrédients qui font les dramaturgies bien balancées. Amaury Chardeau

À partir de 1962 et pendant plus de 10 ans, Roger Kasparian, a immortalisé les plus grandes icônes de la scène des sixties. Riche de ces trésors, Roger Kasparian met sa carrière de reporter—photographe en pause mais conserve ses archives incroyables. Elles restent oubliées pendant plus de 50 ans. Les œuvres de Roger Kasparian, qu'il photographie les stars ou les anonymes savent jouer avec la lumière et mettre en valeur toute la personnalité et la fragilité de ses sujets.

Ses clichés des sixties sont un témoignage unique qui a su capturer l'esprit d'une époque, et le début du star-système. II a partagé le quotidien de ces stars débutantes, leurs pérégrinations parisiennes et en tournée, son appareil à la main.
(extrait du communiqué de presse)

Studio Boissière, 268 Boulevard Aristide Briand à Montreuil   du mercredi au samedi de 14h à 20h   du 09 au 25 octobre 2020