Jazz Culture : "Nice Girls Don't Stay for Breakfast" portrait filmé de Robert Mitchum par Bruce Weber

Robert Mitchum a commencé à nous raconter des histoires de tournages, de bagarres dans les bars, de femmes. L’histoire du cinéma à Hollywood, du début des années 40 à 1997, se déroulait sous nos yeux à mesure qu’il racontait ses frasques les plus folles.

Jazz Culture : "Nice Girls Don't Stay for Breakfast" portrait filmé de Robert Mitchum par Bruce Weber
Affiche de "Nice Girls Don't Stay For Beakfast" de Bruce Weber, © La Rabbia Films

"Nice Girls Don't Stay for Breakfast" de Bruce Weber, sort aujourd’hui en salle.

"En réalisant ce portrait de Bob, je veux montrer que cet homme – qui a tourné dans plus de 130 films – s’est cherché toute sa vie. Robert Mitchum était très cultivé et écrivait de la poésie, ce qui surprend la plupart des gens qui ne voient en lui qu’un dur à cuire qui jouait dans des films de guerre et des westerns.

Dans un premier temps, ce film avait été inspiré d’un livre que Bob a écrit avec son frère, John : Them Ornery Mitchum Boys (que l’on pourrait traduire par Ces mauvais garçons de frères Mitchum). Puis, avec l’aide de Dr. John, Marianne Faithfull et Rickie Lee Jones, c’est devenu un film musical.

Tout en poursuivant la recherche du Bob que je commençais à connaître et à admirer, je me suis rendu compte que je réalisais en fait un film sur un sex-symbol vieillissant qui se trouvait être un homme. Bob n’aimait pas parler de son enfance car, avant même son adolescence, il avait fugué de son foyer plusieurs fois. Jeune homme, il avait connu la prison et avait travaillé dans un pénitencier en Géorgie. Comme beaucoup d’hommes de sa génération, il avait du mal à exprimer ses sentiments.

À travers des interviews, des séquences musicales et des extraits de films de Bob, le film cherche à montrer la difficulté de l’existence quand on passe sa vie à tenter de fuir son foyer." [Bruce Weber, réalisateur du film]

Synopsis :

Bob Mitchum est arrivé au Beverly Hills Hotel le 21 février 1991, pile à l’heure, accompagné de son frère, John, et s’est mis à chanter l’une de ses chansons préférées de Cole Porter, But In the Morning, No.

Il a commencé à nous raconter des histoires de tournages, de bagarres dans les bars, de femmes. Il a parlé de son tournage favori et nous a fait part de son aversion pour les restaurants ne servant que du vin. L’histoire du cinéma à Hollywood, du début des années 40 à 1997, se déroulait sous nos yeux à mesure qu’il racontait ses frasques les plus folles.

Dans “Nice Girls Don’t Stay for Breakfast”, Bob se joint à Dr. John, Marianne Faithfull et Rickie Lee Jones et chante des standards comme Cheek to Cheek ou Jersey Girl de Tom Waits. Le film se compose également d’extraits de l’une de ses premières prestations dans La Justice du lasso en 1943 jusqu’à ses fameux rôles dans La Nuit du chasseur et Les Nerfs à vif, ainsi que ses rares apparitions dans les shows télévisés de Jimmy Durante, Dean Martin et Ed Sullivan.

Shelley Winters se souvient du moment où Bob a été nommé aux Oscars en 1946 pour son interprétation dans Les Forçats de la Gloire. Sa femme avait appelé Shelley et lui avait dit : « Je ne crois pas que nous assisterons à la cérémonie, nous n’avons rien à nous mettre. » Shelley leur avait expliqué qu’ils pouvaient louer un smoking et elle avait prêté une robe à sa femme. 

Lorsque Bob a reçu le Cecil B. DeMille Award aux Golden Globes en 1992, on a dû le chercher car il était introuvable en coulisses. Alors que Michael Caine faisait l’éloge de sa carrière, on a finalement trouvé Bob, seul, sur le parking, en train de fumer une cigarette Pall Mall.

La dernière fois que j’ai vu Bob, il avait 77 ans et se rendait chez son avocat pour rédiger son premier et unique testament. Et il m’avait parlé de la jolie brune qui était passée au studio d’enregistrement quelques jours plus tôt.