Jazz Culture : "Moondog" de Guy Darol & Laurent Bourlaud

Parution de “Moondog” aux éditions Philharmonie de Paris, raconté par Guy Darol et Laurent Bourlaud.

Jazz Culture : "Moondog" de Guy Darol & Laurent Bourlaud
Moondog, © Philharmonie de Paris éditions

Danse du Soleil, ondulations rythmiques, recherche du Merveilleux, panthéon nordique personnifiant la lutte contre le chaos, minimalisme et harmonie des sphères. Voici la trajectoire de Moondog, modulée par la recherche d’un nouveau style musical, le jazz amérindien instruit de polyphonie occidentale. Aveugle et voyant, mendiant foulant toutes les régions du temps, Moondog accomplit sa traversée habité des puissances de la métamorphose.

Guy Darol publie poèmes, romans, récits, essais et biographies depuis 1975. Cette ouverture au rare, à l’inouï, aux singuliers avant tout, l’amène à Moondog dont il tracera un premier portrait dans Outsiders : 80 francs-tireurs du rock et de ses environs, paru en 2014 aux éditions du Castor Astral. Dessinateur, Laurent Bourlaud a collaboré au livre-disque ‘Elpmas’ (Moondog) revisité, paru chez Super Loto Éditions en 2018 — relecture in extenso de l’album par l’ensemble 0, où mots et dessins dépeignent l’oeuvre-monde construite par Moondog. 

Louis Thomas Hardin (1916-1999), dit Moondog, compositeur et musicien, mais aussi poète, passeur et nomade, a déambulé du Kansas à New York et de Bretagne en Allemagne, où il s’est éteint à Münster.

Extrait :

«À vingt-sept ans il avait rompu toute attache avec sa famille, y compris avec la femme qu’il venait d’épouser. Avec les soixante dollars qu’il avait en poche, il prit un bus pour rejoindre New York. Il ne voulait rien d’autre que devenir visible parmi les invisibles, remarquable au point qu’on l’assimilerait à un repère dans la ville. Sans tréteaux pour se faire entendre, la rue était son théâtre. À la recherche d’une place où il serait inévitable, il arpenta quelques trottoirs, s’abrita sous des porches, expertisant toujours la qualité d’un bruit, celui d’une sirène, d’un couinement de frein, le timbre des badauds. Puis il trouva à se fixer sur la 6e Avenue, dans l’arrondissement de Manhattan, non loin du Carnegie Hall et de sa réserve de musiciens notoires.» 

La collection «Supersoniques» met en récit et en image des personnalités qui, par le pouvoir des sons, ont donné forme à une œuvre, un monde, une théorie, une utopie… bousculant les frontières entre les disciplines et transformant la société. Elle vise à formuler ce qu’est pour nous, aujourd’hui, la musique créée hier.
(extrait du communiqué de presse)