Jazz Culture : le Poulpe, un concert-conte comme un polar

Le Poulpe à l'Etoile du Nord à Paris jusqu'au 28 février.

Jazz Culture : le Poulpe, un concert-conte comme un polar
Photo - montage photo le Poulpe MEA 603*380

En plein coeur du marché de Rungis, la halle aux poissons. Au centre, une tête d’homme soigneusement découpée, privée de ses oreilles...

Voilà le démarrage sanglant de l’enquête menée par le Poulpe, alias Gabriel Lecouvreur, alias Abbi Patrix. Pour la suite de l’histoire, laissez-vous guider par le conteur-justicier. Il va tout vous apporter sur un plateau d’argent : les bagarres, les histoires de sexe, les références littéraires profondes, et l’indispensable fond d’antifascisme.

Un conte comme un polar, un vrai, augmenté d’un voyage sonore immersif en permanence interaction avec la dynamique de l’histoire, transformant le spectacle en véritable performance, concert-conte.

« C’est dans une rencontre avec Patrick Raynal et Jean-Bernard Pouy que le polar a été évoqué comme le renouvellement de la culture populaire incarnée dans le passé par les contes : « Nous sommes les nouveaux conteurs » ont-ils dit !
**L’idée était provocante*, donc intéressante. Piqué au vif, je demande au conteur Julien Tauber, alors en résidence à Chevilly-Larue, de relever avec moi le défi. Il propose l’idée géniale d’écrire une aventure inédite du Poulpe, personnage célèbre créé par Jean-Bernard Pouy, sans cesse réinventé par de nouveaux auteurs. Nous en ferions ensemble une version orale que je raconterais sur scène. Ce nouvel épisode traverse des territoires qui ont marqué ma vie de conteur - et fait donc voyager notre Poulpe national entre le M.I.N. de Rungis et l’Île de la Réunion pour y démanteler un trafic de poissons, l’or blanc des mers australes : la légine… Afin de s’approcher au plus près de l’effet exceptionnel que provoque sur soi en solitaire la lecture foisonnante et trépidante d’un polar, je me suis entouré de deux musiciens spécialistes du sound design et du sound surround, Phil Reptil et Vincent Mahey*. Nous avons choisi de mettre public, conteur et musiciens dans le même bain sonore afin de créer, grâce au son en multi diffusion, un espace unique, commun, où l’histoire va se déployer ».
[Abbi Patrix]

« Nous nous sommes retrouvés autour de cette création avec l’envie d’approfondir la recherche du dialogue étroit entre conte et musique. Abbi Patrix y apparaît en conteur musicien improvisateur en prise avec un univers de rythmes et de sons vivants, capable de passer d’ambiances douces aux dé- luges indus ou « technoîsants ». Le rythme de sa parole est renforcé, alimenté par une matière musicale et en permanente interaction avec la dynamique de l’histoire. Nous triturons, bouclons et maltraitons nos grands sacs à sons avec les outils les plus sophistiqués de l’informatique et de la diffusion sonore. Dans nos sacs se trouvent bourdons et cigales, tapis roulants et halls de gares, hurlements mécaniques, ambiances au fil de l’eau, boîtes à musiques, Tereminen et guitare, percussions inédites et objets improbables... subitement ordonnés en beats hypnotiques ou en grandes séquences ambiantes restituées en surround. »
[Phil Reptil et Vincent Mahey]

Jusqu'au 28 février à l'Etoile du Nord à Paris.

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