Jazz Culture : la surprise de Jutta Hipp

L'histoire incroyable de la "First Lady of Jazz" d'Europe, Jutta Hipp.

Jazz Culture : la surprise de Jutta Hipp
Jutta Hipp avec Attila Zoller, Branko Pejakovic, Albert Mangelsdorff, Karl Sanner, Joki Freund en 1956, © Getty / ullstein bild

Sur le site Longreads, Aaron Gilbreath rappelle brillament le parcours de la pianiste allemande Jutta Hipp, qui partit faire carrière à New York dans les années cinquante.

Il nous rappelle que la "First Lady of Jazz" de l'Europe a déménagé à New York en 1955, a joué pendant cinq années de plus, signant au passage trois albums chez Blue Note, puis a disparu, arrêtant de se produire en 1960. Quand elle est arrivée à NYC, elle a travaillé dans une usine textile pour survivre et a passé les 41 années suivantes à peindre et faire des photos. Elle n’avait parlé de cette activité qu’à très peu de personnes, et c’est dans sa nécrologie que ses collègues et amis ont découvert son passé de musicienne.

Jutta Hipp a été la première femme blanche européenne à signer sur Blue Note alors que la quasi totalité des musiciens du label étaient des hommes afro-américains.

En 2001, Tom Evered, alors directeur général de Blue Note, entreprend des recherches sur les montants que le label a gagné avec Jutta Hipp et est très surpris de ce qu’il découvre. Afin de récupérer ce que la pianiste avait gagné et mettre au clair les livres de compte, Evered contacte Gundula Konitz, la femme de Lee Konitz, l’une des rares personnes avec qui elle était encore en contact dans le jazz.

Quand il a retrouvé Jutta Hipp, il lui a annoncé la bonne nouvelle : il y avait environ 35 000 $ sur son compte et il a proposé de lui envoyer un chèque. S’en est suivi un long silence au bout de la ligne. Plusieurs secondes se sont écoulées. Puis, avec son accent allemand très prononcé elle a lâché : “Mein Gott !”. Jutta Hipp est décédée le 07 avril 2003.