Jazz Culture : Koffi Kwahulé

« Mon idéal d’écrivain, c’est Monk », cette confidence de Koffi Kwahulé est au cœur de sa recherche esthétique. Une œuvre théâtrale et romanesque traversée par le jazz, qui fait résonner la langue française autrement et retentir avec humour et sensualité la vibration de notre monde contemporain.

Jazz Culture : Koffi Kwahulé
"Koffi Kwahulé", © Classiques Garnier

Un ouvrage collectif, “Koffi Kwahulé”, sous la direction de Sylvie Chalaye, vient de paraître aux éditions Classiques Garnier. Une série d’angles et une somme d’analyses qui rendent justice à l’auteur d’une œuvre singulière, un continent inédit qu’il faut pénétrer “open”, en abandonnant idées reçues et canons esthétiques formatés. 

Koffi Kwahulé est né à Abengourou (Côte d’Ivoire) en 1956. Dramaturge et romancier, il s’est formé à l’Institut national des arts d’Abidjan, à l’école de la rue Blanche (Ensatt) et à l’université de Paris 3 - Sorbonne nouvelle où il a obtenu un doctorat d’études théâtrales. Il est l’auteur d’une trentaine de pièces, publiées aux éditions Théâtrales, Lansman, Actes Sud-Papiers et Acoria, traduites dans plusieurs langues et créées en Europe, en Afrique, en Amérique latine, aux États-Unis, au Canada et au Japon.

Les œuvres de Koffi Kwahulé ont fait l’objet de maintes mises en scène dont les plus récentes sont notamment : Nema, par Katarzyna Deszcz (Teatr Nowy de Zabrze, 2018) ; Blue-S-cat (Ariza), par Kemal Aydogan (Moda Sahnesi d’Istanbul, 2018) et par Kzutoshi Inagaki (Kissa Sadaiki de Tokyo, 2014) ; Jaz, par Alexandre Zeff (Chapelle du Verbe incarné d’Avignon, 2017) ; Cette vieille magie noire, par Mahamadou Tindano (CITO de Ouagadougou, 2017) ; Fidelio (Beethoven-Beckett-Kwahulé), par Tilman Knabe (Theater Trier, 2015) ; L’Odeur des arbres, par Isabelle Pousseur (Théâtre Océan-Nord de Bruxelles, 2015) ; Misterioso-119, par Cédric Dorier (Théâtre Vidy-Lausanne, 2014) et par Laurence Renn Penel (Théâtre de la Tempête de Paris, 2014) ; La Mélancolie des barbares, par Sébastien Bournac (Scène nationale d’Albi, 2013) ; Le Jour où Ti’zac enjamba la peur, par Luc Rosello (jardin de l’État de Saint-Denis de la Réunion, 2011) ; Bintou, par Boris Schoemann (Teatro del Estado de Xalapa, Mexique, 2011) et par David Mendizabal (Harlem School of The Arts, New York, 2010).

Koffi Kwahulé a reçu le grand prix de Littérature dramatique 2017 pour L’Odeur des arbres, publié aux éditions Théâtrales, et le grand prix Ahmadou-Kourouma 2006 pour son roman Babyface, publié aux éditions Gallimard. Pour l’ensemble de son œuvre, il a reçu en 2013 le prix Édouard-Glissant, et en 2015 le prix Mokanda.

Ses textes traversent le corps, donnent à voir la chair et offrent une dimension sensuelle, souvent accompagnée d’humour. Musicale, proche du rythme tantôt haletant, tantôt saccadé du jazz, son écriture s’insinue dans les bas-fonds d’une humanité toujours mise en question en empruntant la voie du détour, de la métaphore ou au contraire celle de la satire et du fantasme burlesque. (extrait de sa biographie sur editionstheatrales.fr)

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