Jazz Culture : ICP, la fin d'une ère

Le collectif néerlandais ICP et son Orchestra, contraints de mettre la clé sous la porte après l’arrêt brutal de leur subvention.

Jazz Culture : ICP, la fin d'une ère
Session ICP, © Michael Boersma / mailchi.mp

Il serait difficile de surestimer l'importance du collectif ICP (Instant Composers Pool) pour le développement de la musique improvisée européenne en tant qu’esthétique à la fois ouverte et structurée, conciliant les valeurs du jazz swing et la rigueur de la musique composée moderne. Au sein du collectif, l’ICP Orchestra symbolise et représente la musique néerlandaise moderne à l'étranger, une musique intelligente, souple, bien exécutée, pince sans rire et peut-être un peu théâtrale (Kevin Whitehead, janvier 2020, Fresh Air, NPR).

LES TEMPS CHANGENT

ICP n'est pas un produit de masse. Nous ne suivons pas le grand public, et le grand public ne nous suit pas. C'est pourquoi le Fonds Podiumkunsten (la fondation néerlandaise pour les arts du spectacle) ne nous soutiendra plus dans les années à venir, supprimant le financement sur lequel nous comptions pour pouvoir maintenir cet ensemble historique de musiciens et de compositeurs de classe mondiale qui créent, jouent et personnifient la musique et l'art néerlandais depuis des décennies. MAIS, cela dit : nous allons bien !!! Nous avons toujours compté sur les fans, les connaisseurs et leur fidélité, et nous nous réjouissons de "jouer les trouble-fête" pour un long moment encore.

FERMETURE DES BUREAUX, DÉCEMBRE 2020

Cependant, la perte des financements cette année signifie que nous allons fermer nos bureaux en décembre 2020. Triste et gênant ? Oui, mais cela signifie aussi que nous devrions avoir de sérieux objets de collection, souvenirs, CD, photos, etc. à partager avec vous. Nous vous enverrons des mises à jour dès que nous en saurons plus. 

Quelques films documentaires sur l’histoire de ICP sont toujours disponibles gratuitement sur Vimeo. La réalisatrice Jellie Dekker a eu la gentillesse de mettre en ligne deux de ses films, “Afijn” (2006, centré sur Misha) et “Hazentijd” (2009, centré sur Han), afin de rendre notre pause forcée un peu plus agréable pour les oreilles et les yeux.
(extrait du communiqué de presse en anglais - traduction E. Lacaze / A. Dutilh)

“Hazentijd” de Jellie Dekker

“Afijn” de Jellie Dekker