Jazz Culture : Hommage à Naná Vasconcelos

Décès du percussioniste Naná Vasconcelos le mercredi 09 mars 2016.

Jazz Culture : Hommage à Naná Vasconcelos
Naná Vasconcelos ©X/DR

Rio de Janeiro, 9 mars 2016 (AFP) - Le percussionniste brésilien, Naná Vasconcelos, élu huit fois "meilleur percussionniste" du monde par la revue américaine DownBeat, référence dans le milieu du jazz, est décédé mercredi à l âge de 71 ans, d'un cancer du poumon, a indiqué sa famille. Il était hospitalisé depuis la semaine dernière à Recife (Pernambouc, nord-est), après avoir eu un malaise à l'issue d'un concert à Salvador de Bahia. Il était traité depuis 2015 pour son cancer mais continuait à donner des concerts.

A douze ans, il joue avec son père, guitariste et dans la fanfare de la ville. Il commence sa carrière comme batteur dans un cabaret de Recife, avant de devenir le percussionniste de l'orchestre minicipal et de travailler avec Gilberto Gil. En 1967, il se rend à Rio de Janeiro puis à Capiba où il fait la connaissance de Milton Nascimento avec qui il enregistre. Jusqu'en 1970, sa vie est partagée entre Rio et Sao Paulo : il se produit avec le guitariste Nelson Angelo, le chanteur Geraldo Vandré et la chanteuse Gal Costa. Cette collaboration commence à le rendre célèbre : en 1970, il compose la bande sonore du film "Pindorama ", avant de rencontrer Gato Barbieri qui l'emmène à New York. Il y fréquente naturellement des musiciens de jazz, participe à leurs côtés aux festivals de l'été et aux tournées en Europe.

Il enregistre ensuite avec Don Cherry, Olivier Nelson, Jean-Luc Ponty… En 1972, il s'installe en France, où il enregistre son premier album en leader, fait quelques excursions en Afrique, enregistre au Portugal un disque en quinbundo, un des idiomes de l'Angola. De retour sur le Nouveau Continent, il participe à des séances et des festivals avec Oliver Nelson, Art Blakey, Tony Williams et surtout Don Cherry, avec qui il forme le trio Codona, que complète le sitariste Collin Walcott.

A partir du milieu des années 70, il partage son temps entre l'Amérique et l'Europe. Après s'être produit avec les guitaristes Novelli et Nelson Angelo, il enregistre avec Egberto Gismonti, mais aussi avec le pianiste et accordénoiste italien Antonello Salis. Son retour triomphal au Brésil en 1986 lui permet de graver des albums avec Nascimento, Caetano Veloso et Marisa Monte. Il compose également pour les cinéastes Jim Jarmush et Mika Kaurismäki. Il a travaillé aussi avec des enfants des rues, preuve d'un investissemet aussi social que musical qui jalonne son parcours.

C'est avec le berimbau, version brésilienne de l'arc musical angolais, que Vasconcelos s'est rendu célèbre. A partir des rythmes nordestins et avec des instruments de percussion aussi simples que son propre corps, il recompose une fusion africano-brésilienne aux sonorités inédites et envoûtantes. Il est le seul musicien à avoir apporté au jazz ce type d'instrument dont il a brisé la fonction accompagnatrice : il n'hésite pas en effet à les mener dans les longs solos qui leur rendent toute leur magie.
[In le Nouveau Dictionnaire du Jazz par François-René Simon]

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