Jazz Culture : Hommage à Gato Barbieri

Disparition samedi 02 avril du saxophoniste Gato Barbieri.

Jazz Culture : Hommage à Gato Barbieri
Gato Barbieri 6 janvier 1970 in n°235 du magazine Gente ©X/DR

Leandro Barbieri (28 novembre 1932, Rosario, Argentine), dit « Gato », est mort le 2 avril 2016, dans un hôpital de New York, des suites d’une pneumonie.

Fils d’un charpentier, violoniste amateur, il découvre le ténor auprès d’un oncle saxophoniste, puis le jazz en écoutant Charlie Parker en 1944. Il débute sur le requinto (petite clarinette). Il reçoit cinq ans de cours de clarinette à Buenos Aires, et aborde également le saxophone alto et la composition. Il joue dans l’orchestre de Lalo Schifrin en 1953 et choisit le ténor en 1955.

En 1962, après quelques mois au Brésil, il s’installe à Rome et se fait connaître comme sideman (avec Jim Hall, Ted Curson). Il rencontre Don Cherry à Paris en 196, et le suit à New York pour enregistrer “Complete Communion ” (1965) et “Symphony For Improvisers ” (1966). Entre -temps, à Milan, il participe aux Nuevo Sentimenti de Giorgio Gaslini. En 1967, il enregistre en leader “In Search Of The Mystery” et “Obession”, participe à “A Genuine Tong Funeral” écrit pour Gary Burton par Carla Bley et collabore avec celle-ci : “Escalator Over The Hill”, “Tropic Appetites” et avec le Liberation Orchestra de Charlie Haden. Son duo avec Dollar Brand, qui ne s’appelait pas encore Abdullah Ibrahim (1968), imprime à sa musique un tournant décisif en direction de ses origines sud-américaines et, plus largement, des musiques du tiers monde.

Il apparaît et joue (avec Marcello Melis et Don Moye) dans le film “Appunti per un Orestiade africana” (“Carnet de notes pour une Orestie africaine”) de Pier Paolo Pasolini. Associé à Lonnie Liston Smith jusqu’en 1973, il dirige de nombreuses formations pour le label.Flying Dutchman, où défilent Roswell Rudd, Joe Beck, John Abercrombie, Stanley Clarke, Jean-François Jenny-Clark, Ron Carter, Chuck Rainey, Beaver Harris, Lennie White, Roy Haynes, Pretty Purdie, Nana Vasconcellos, Airto Moreira, James M’Tume…

Alors que son triomphe au Festival de Montreux et sa contribution à la bande-son du “Dernier Tango à Paris ” (Bernardo Bertolucci) sous la direction d’Oliver Nelson le rendent de plus en plus populaire, il accentue, à partir de 1973, la référence à ses racines en s’entourant de musiciens sud-américains (de “Chapter One” à Chapter Four”). Après une éclipse due à des problèmes de santé, ces dernières années il se produisait à nouveau chaque mois au Blue Note de New York..

Simultanémentmarqué par l’univers coltranien et sa fructueuse collaboration avec le trompettiste d’Ornette Coleman, Don Cherry, Gato Barbieri se situe au coeur de la problématique soulevée par l’évolution du free jazz au cours des années 60. Tout à la fois styliste du timbre, qu’il malmène à outrance, et lyrique tenté par l’expressivité du cri et l’authenticité de la mélodie, hésitant entre la véhémence et le plaisir, a densité et la limpidité, il a su fonder son propre équilibre sur un enracinement dans une tradition populaire. Tout comme Dollar Brand ou Chris McGregor, il a montré l’histoire de la musique noire américaine en exemple aux musiques populaires du tiers-monde…

[d’après Le Nouveau Dictionnaire du jazz par Franck Bergerot ]

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