Jazz Culture : exposition Paula Modersohn-Becker

Exposition "Paula Modersohn-Becker - L’intensité d’un regard" au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris.

Jazz Culture : exposition Paula Modersohn-Becker
Tête d’une jeune fille blonde coiffée d’un chapeau de paille, Nature morte au bocal de poissons rouges, Autoportrait au sixième anniversaire de mariage, Autoportrait à la branche de camélia ©Paula Modersohn-Becker

Jusqu'au 21 août 2016 a lieu l'exposition "Paula Modersohn-Becker L’intensité d’un regard " au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris.

Le MAM présente la première monographie de Paula Modersohn-Becker (1876-1907) en France. Bien que méconnue du public français, elle est aujourd’hui une figure majeure de l’art moderne. Malgré sa courte carrière artistique réduite à seulement une dizaine d’années, l’artiste nous transmet une œuvre extrêmement riche que l’exposition retrace à travers une centaine de peintures et dessins. Des extraits de lettres et de journaux intimes viennent enrichir le parcours et permettent ainsi de comprendre combien son art et sa vie personnelle furent intimement liés.

Paula Modersohn-Becker est sans nul doute une précurseure de l’art moderne en Europe, ses derniers travaux témoignant en effet d’une simplicité unique dans les formes. À cela s’ajoute la texture singulière de ses œuvres, fruit d’un modelage en relief et d’un raclage de la peinture fraîche destinés à lui donner une nouvelle consistance. Dès le début de sa carrière, elle représente les paysages du village de Worpswede dans un style très personnel et remarqué. Ses natures mortes se distinguent par l’intensité de leurs couleurs, et Rainer Maria Rilke les mentionne dans son requiem: « […] les fruits dans leur plénitude. Tu les posais sur des coupes devant toi, tu en évaluais le poids par les couleurs. » Cependant, c’est l’Homme qui caractérise son œuvre, et elle se tourne principalement vers des enfants, des femmes âgées et des paysannes des environs pour réaliser ses portraits et ses tableaux. Là, comme dans ses paysages, elle se détourne des codes, pour développer son propre langage pictural et donner à voir la personnalité de ses modèles.

L’année 1900 est marquée par son premier voyage à Paris. Les séjours dans la capitale française façonneront son coup de pinceau neuf, remarquable et imposant. Si les travaux de Paul Cézann e, de Paul Gauguin et des Nabis (membres du mouvement postimpressionniste Nabi) l’influencent tout particulièrement, Paula Modersohn-Becker n’en reste pas moins fascinée par l’Antiquité et les œuvres des maîtres anciens qu’elle découvre au Louvre. Elle s’installe même dans la capitale française de février 1906 à mars 1907, avant de retourner à Worpswede, où elle décède d’une embolie en novembre 1907, juste après avoir donné naissance à sa fille.

L'écrivaine Marie Darrieussecq vient de publier "Être ici est une splendeur - Vie de Paula M.Becker" chez POL et a travaillé comme conseillère sur l'exposition qui lui est consacrée. Elle en est même à l'initiative

D'autre part, le musée Paula Modersohn-Becker à Brême, nommé après son artiste phare, est le premier musée au monde à être consacré à une femme peintre. Brême étant la ville qui accueille le rendez-vous annuel de Jazzahead, d'où Open Jazz en direct le 22 avril dernier. L'occasion de découvrir l'œuvre de Paula Modersohn-Becker était d'autant plus immanquable qu'à quelque pas du musée qui lui est consacré, la Kunst Halle présente 18 tableaux d'elle dans sa collection permanente. Choc émotionnel devant la profondeur de cette peinture sans affect, d'une bouleversante humanité, qui laisse percevoir une vie intérieure intense, autant celle de Paula que celle de ses personnages. Et une évidence dans la contemplation de ces premiers autoportraits nus d'une femme peintre : l'écho du Look At Me chanté par Cécile McLorin Salvant… elle aussi passionnée de dessin et de peinture au point de se représenter sur ses pochettes de disques.

Parcours de l'exposition

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