Jazz Culture : exposition "Giorgio de Chirico. La peinture métaphysique" au musée de l'Orangerie

L’exposition Giorgio de Chirico - La peinture métaphysique se tient au musée de l’Orangerie à Paris jusqu’au 14 décembre 2020. On y retrouve le tableau de 1915 “Le voyant” (inspiré par Arthur Rimbaud) qui a servi pour la pochette de l’album “Misterioso” de Thelonious Monk en 1958.

Jazz Culture : exposition "Giorgio de Chirico. La peinture métaphysique" au musée de l'Orangerie
Affiche Giorgio de Chirico, © Musée de l'Orangerie

L’exposition Giorgio de Chirico. La peinture métaphysique qui devait se tenir au musée de l’Orangerie à partir du 1er avril a été reportée au 16 septembre. Elle est ici présentée avec un parcours virtuel à partir d’une sélection d’une quinzaine d’oeuvres. 

L’exposition a été conçue sous le commissariat général de Paolo Baldacci, historien d’art, avec Cécile Girardeau, conservatrice au musée de l’Orangerie et Annabelle Görgen-Lammers, conservatrice à la Hamburger Kunsthalle. Elle a été co-organisée par l’Établissement public des musées d’Orsay et de l’Orangerie et la Kunsthalle de Hambourg. 

Giorgio de Chirico (1888-1978), artiste né en Grèce, issu d’une famille ottomane cosmopolite de nationalité italienne, conçoit une œuvre unique, étrange. Sa peinture singulière, qualifiée par le poète Guillaume Apollinaire de "métaphysique", a fortement marqué l’art moderne, de Picasso au surréalisme. Chirico pose à travers ses tableaux la question du visible. L’esprit et le mystère du monde que les peuples antiques exprimaient par les mythes, ne résident pas, selon lui, dans un au-delà invisible, mais bien dans le monde tangible et matériel dont il s’attache à mettre en évidence les signes.

Profondément influencé par la pensée de Nietzsche dont il lit les écrits avec passion dès 1908, Ecce Homo, Ainsi parlait Zarathoustra. Il développe à partir de la notion d’"éternel présent"– instant immobile à jamais suspendu entre les deux éternités du passé et du futur – une approche particulière de sa propre évolution, en marge des avant-gardes.

Formé à Munich, nourri de ses voyages et séjours à Florence, Turin et Milan, il séjourne à Paris, entre 1911 et 1915, et adopte alors de nombreux procédés formels de la scène artistique parisienne – Cézanne, Matisse, Picasso. Chirico crée alors un art profondément nouveau, fondé non pas sur l’apparence des objets, mais sur les significations potentielles et les associations d’idées que ces objets peuvent susciter. Il tend ainsi à introduire en peinture la radicalité poétique de Rimbaud, la révolution spéculative de Nietzsche. 

L’exposition Giorgio de Chirico. La peinture métaphysique retrace le parcours et les influences artistiques et philosophiques qui ont nourri l’artiste Giorgio de Chirico de Munich à Turin, puis à Paris où il découvre les avant-gardes picturales de son temps et enfin à Ferrare. De manière inédite, seront mis en lumière les liens du peintre, découvert par Apollinaire puis soutenu par le marchand Paul Guillaume, avec les cercles culturels et littéraires parisiens.

Né en Grèce et formé dans le creuset de la culture classique et du romantisme allemand tardif, De Chirico développe les fondements d’une nouvelle conception artistique aux côtés de son frère cadet Alberto Savinio. Élève à l’Académie des Beaux-Arts de Munich à partir de 1908, il découvre la pensée de Nietzsche et Schopenhauer ainsi que les œuvres de Böcklin et de Klinger. Après un passage à Milan puis Florence, c’est cependant depuis la France, à Paris dès l’automne 1911, qu’il met en place un vocabulaire plastique singulier au contact des révolutions picturales modernistes. Il est très vite remarqué par certaines personnalités artistiques de son temps. Guillaume Apollinaire, Maurice Raynal et André Salmon, mais aussi André Breton, Paul Éluard, Jean Paulhan, sont parmi les premiers à s’intéresser à son œuvre et à la promouvoir.

L’exposition trouve ainsi toute sa place au musée de l’Orangerie autour de la figure de Paul Guillaume qui fut le tout premier marchand de Giorgio de Chirico. De retour en Italie en 1915, il est envoyé avec son frère Savinio à Ferrare pour des raisons militaires et y poursuit ses recherches picturales. La période ferraraise (juin 1915-décembre 1918) est l’occasion pour les peintres Carlo Carrà et Giorgio Morandi de fréquenter les deux frères permettant ainsi la formation de ce que l’on qualifiera plus tard d’"école métaphysique" et sur laquelle se clôt l’exposition.
(extrait du communiqué de presse)