Jazz Culture : "Ella Fitzgerald, Il était une voix en Amérique" de Steven Jézo-Vannier

“Ella Fitzgerald, il était une voix en Amérique” de Steven Jezo-Vannier qui paraît chez Le Mot et le Reste, est la seule biographie française disponible sur la First Lady of Swing.

Jazz Culture : "Ella Fitzgerald, Il était une voix en Amérique" de Steven Jézo-Vannier
"Ella Fitzgerald, Il était une voix en Amérique", © Le Mot et le Reste

Depuis sa première visite en 1948, le public londonien l’adore, et elle le lui rend bien. Elle affectionne le mélange d’enthousiasme et d’exigence des spectateurs européens, à qui elle rend visite année après année. Mais l’habitude et la complicité qui s’est nouée ont nourri la pression. Ella Fitzgerald craint de ne pas être à la hauteur de l’amour du public. Ce souci perpétuel, à l’instar de l’humilité dont elle fait preuve, reflète des complexes solidement ancrés dans son histoire personnelle. Elle est rongée par la solitude et le sentiment d’insécurité. « Ella était une petite fille craintive, dit Paul Smith, qui pouvait, si elle était malheureuse, bouder comme une gamine de huit ans. Ce qu’elle était en un sens. C’était une dame tendre et naïve qui n’avait jamais grandi. » Et qui manquait curieusement de confiance en elle.

Née en 1917 dans le sud des États-Unis, orpheline arpentant les rues de Harlem, hantée par l’angoisse et ses secrets d’enfance, Ella Fitzgerald a sacrifié sa vie au public et à la musique, jusqu’à se fondre en elle. En témoignent ses scats endiablés, ses interprétations lumineuses et son art de l’improvisation. Elle est tout à la fois le swing des big bands, le bebop des clubs embrumés, les comédies musicales de Broadway et les ballades de Tin Pan Alley. Elle a chanté en égale avec Louis Armstrong et Frank Sinatra, a donné leurs lettres de noblesse aux meilleurs compositeurs américains : Gershwin, Duke Ellington et même la pop des Beatles. Dans une Amérique dévorée par le racisme, elle a fait entrer le jazz et les artistes noirs dans les lieux qui leur étaient interdits et a ainsi contribué à conquérir la dignité qui leur était due. L’importance de son œuvre est tout à la fois musicale, patrimoniale et culturelle.

Steven Jezo-Vannier, né en 1984, est un spécialiste de la contre-culture et de l’univers rock. Il a écrit plus d’une dizaine de livres publiés aux éditions Le mot et le reste, dont des essais (Respect, le rock au féminin, Contre-Culture(s)) et les biographies de Frank Sinatra, Grateful Dead, The Byrds ou Creedence Clearwater Revival.
(extrait du communiqué de presse)