Jazz Culture : Blues en 150 figures - Philippe Thieyre

Le but de “Blues en 150 Figures” est de rendre compte des mouvements et des styles qui l’ont traversé, à travers 150 bluesmen ayant marqué de leurs empreintes ses multiples évolutions depuis 1920, date du premier enregistrement labellisé blues.

Jazz Culture : Blues en 150 figures - Philippe Thieyre
Blues en 150 figures

Une des musiques fondatrices de l’histoire américaine, le blues a essaimé en de nombreuses ramifications, du jazz au rock et à la soul, prenant différents visages au fil du temps. Dans “Blues en 150 figures” de Philippe Thieyre, qui paraît aux édition du Layeur, des centaines de disques chroniqués et autant de pochettes illustrent le parcours de personnages haut en couleurs qui ont façonné le blues, l’ont fait connaître au plus grand nombre et ont élargi son spectre musical. Ne sélectionner que 150 figures dans un genre aussi vaste et varié, implique des choix drastiques, laissant de côté des musiciens pourtant très talentueux.

En premier, il y a une centaine de figures incontournables tant leurs contributions furent essentielles pour le développement et le renouvellement du blues, tels Ma Rainey, Robert Johnson, T. Bone Walker, les trois King, Muddy Waters, Buddy Guy et autres Otis Taylor. Ensuite, l’originalité, l’excentricité, la flamboyance et la créativité sont des critères qui ont pesé dans des choix plus empreints de subjectivité tels ceux de James Booker, Don Van Vliet alias Captain Beefheart, Candye Kane, Syl Johnson, Sugaray Rayford, Marquise Knox…

Ces 150 figures du blues ont été réparties en cinq chapitres correspondant à des périodes historiques, de 1920 à nos jours :

  • Les premiers enregistrements de blues : jazz, classic women et country blues : Lors des années 1920/30 se côtoient deux styles fondateurs : les chanteuses accompagnées par des orchestres de jazz dans les villes et le country blues se jouant en solitaire ou avec des formations réduites en voyageant à travers les campagnes du sud des USA.
  • Shouters et jump blues : Se produisant essentiellement dans des clubs, ces orchestres avec un chanteur vedette (le shouter) délivre un jump blues aux rythmes enlevés et saccadés qui préfigurent le rock’n’roll de la fin des années 30 au début des années 50.
  • Blues moderne : Une appellation un peu fourre-tout, mais qui reflète, après la deuxième guerre mondiale, l’évolution vers un blues de plus en plus électrique et déterminant pour des sonorités encore actuelles.
  • British Blues : Le boom du blues au Royaume-Uni à partir du milieu des années 60.
  • Variations sur le thème du blues : Des années 60 à nos jours, les différentes expressions musicales dont le blues est l’élément fondateur.

A l’intérieur de ces chapitres, les musiciens sont ordonnés selon la date de parution de leurs premiers enregistrements en solo, ou en tant qu’élément important d’un groupe. Cette option permet de resituer l’oeuvre et la place d’un artiste dans mouvement, plus encore que sa date de naissance, certains bluesmen n’ayant enregistré que tardivement.

Le nombre de disques, vinyles ou CD, chroniqués pour chaque entrée varie entre 2 et 6, voire 7 en de rares occasions, en fonction de la longévité d’une carrière, jalonnée de productions au minimum très intéressantes ou indispensables pour suivre un parcours créatif. Toutefois, il ne faut pas juger l’importance d’un artiste au seul volume de sa discographie. Ainsi pour Robert Johnson, l’essentiel de son oeuvre peut se concentrer sur deux albums au contraire de B.B. King, par exemple, dont la longévité artistique est remarquable.