Jazz Culture : anniversaire de la disparition de Joe Henderson

20 ans ! Le 30 juin 2001 disparaissait Joe Henderson, l’un des saxophonistes et compositeurs les plus attachants du jazz moderne. Discret dans les sixties chez Blue Note, il va éclore chez Milestone dans la décennie suivante et atteindre ensuite une reconnaissance définitive chez Verve.

Jazz Culture : anniversaire de la disparition de Joe Henderson
Joe Henderson, © Getty / Anthony Barboza

Frère d’un saxophoniste, Joe Henderson commence par apprendre la batterie puis le ténor à l’âge de treize ans. Il signe ses premières compositions pour l’orchestre de son lycée et se produit dans les clubs locaux. En 1956, il se rend à la Wayne State University de Detroit, où il rencontre Yusef Lateef et Hugh Lawson. Il commence sa carrière professionnelle dans l'orchestre de l’université et dans des clubs avec Sonny Stitt, Donald Byrd et Pepper Adams. Pendant son service militaire (1960-62), il fait le tour du monde au sein du “Rolling Along Show”, où il joue parfois de la contrebasse. 

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Après trois mois à Baltimore, il se rend à New York, joue avec Jack McDuff, avant de diriger un quintette avec Kenny Dorham. De 1964 à 66, il fait partie du combo Horace Silver, puis fonde avec Freddie Hubbard et Louis Hayes, les Jazz Communicators. Après un séjour dans le sextette de Herbie Hancock et quatre mois au sein de Blood, Sweat & Tears, Joe Henderson dirige ses propres formations.

Après s’être consacré à l’enseignement pendant une quinzaine d’années, notamment à San José en Californie et en dirigeant des master-classes en Europe, il connaît enfin la notoriété, au milieu des années 80, en enregistrant “The State of the Tenor” pour Blue Note, avec Ron Carter et Al Foster. Il tourne avec un trio exclusivement féminin puis avec Charlie Haden et Al Foster. Mais c’est dans la dernière décennie du “siècle du jazz” qu’il s’impose, sous l’étiquette Verve, avec des hommages aux grands compositeurs, de Billy Strayhorn à Gershwin en passant par Miles et Jobim. Il meurt à soixante-quatre ans d’une crise cardiaque consécutive à un emphysème pulmonaire.

Reprenant le son chaleureux et les volutes de Coltrane très identifiables au début de sa carrière, Joe Henderson n’a cessé d'explorer et d’enrichir cette filiation. Doté d’une technique sans faille ni esbroufe, ce ténor toujours lyrique a fini par se trouver un son d’une suavité à la fois caressante et puissante. Il faut d’ailleurs franchir des rapprochements évidents (Coltrane, Rollins) pour découvrir en Joe Henderson un saxophoniste tout à fait audacieux : si ses trouvailles (explorations modales, répétitions, effets sonores combinés à un développement mélodique harmonieux de la phrase) sont passées inaperçues en leur temps, c’est qu’elles n’avaient pas le caractère spectaculairement agressif du free jazz de l’époque. Elles s’expriment pourtant dans une paradoxale et moderne sérénité. Une tranquillité harmonique dans une sonorité de velours a caractérisé ses dernières années.
(In Le nouveau Dictionnaire du jazz - François-René Simon)