Jazz Culture : “Angel Heart” d’Alan Parker

Le film culte d’Alan Parker “Angel Heart”, polar dérangeant et angoissant très justement décrit comme un croisement entre Chinatown (1974) et L’Exorciste (1973), ressort en version restaurée 4K, dans les salles les 18 septembre.

Jazz Culture : “Angel Heart” d’Alan Parker
Affiche "Angel Heart", © Carlotta Films

New York, 1955. Le détective privé Harry Angel est engagé par un certain Louis Cyphre pour retrouver la trace de Johnny Favorite, un ancien crooner qu’il avait contribué à lancer. Devenu invalide pendant la guerre, ce dernier croupirait dans une clinique psychiatrique de la région, mais M. Cyphre soupçonne l’établissement de couvrir sa mort. Harry Angel apprend bientôt que Favorite a été enlevé par deux personnes originaires du Sud des États-Unis, moyennant finance. L’enquête va s’avérer plus dangereuse que prévue, semant la mort sur son passage. Elle conduira également le détective sur les terres mystiques de La Nouvelle-Orléans…

Deux ans après avoir obtenu le Grand Prix du jury au Festival de Cannes pour le poignant “Birdy”, le réalisateur britannique Alan Parker change radicalement de registre avec “Angel Heart”, polar obscur et fiévreux librement adapté d’un roman de l’Américain William Hjortsberg – écrivain et scénariste ayant notamment collaboré avec Ridley Scott (“Legend”, 1985). Dans le rôle du détective bientôt dépassé par les événements, l’acteur Mickey Rourke livre une partition impeccable, digne de son illustre aîné Humphrey Bogart. Il fait face à un Robert De Niro plus inquiétant que jamais, meneur de ce jeu mortifère qui entraînera avec lui les personnages interprétés par les actrices Lisa Bonet et Charlotte Rampling.

D’abord pur film de suspense à l’ambiance urbaine, “Angel Heart” bascule ensuite dans le surnaturel lorsque l’intrigue se déplace en Louisiane. Grand cinéaste formaliste des années 1980, Alan Parker confère à son oeuvre une réelle ambition esthétique : tourner un film en couleurs avec un climat proche du noir et blanc. Avec l’aide de son directeur de la photographie Michael Seresin, ils vont atttéénueront la couleur pour créer une ambiance inquiétante voire anxiogène. L’atmosphère moite et poisseuse de La Nouvelle-Orléans est non seulement ressentie par les personnages mais également par le spectateur. Plus le film avance, plus cette chaleur devient (littéralement) infernale.

Grand amateur de sujets dérangeants et originaux comme Midnight Express, Alan Parker évoque dans Angel Heart le monde mystérieux de l’occulte et du vaudou. Il va aller jusqu’à recréer une authentique cérémonie vaudou dans les bayous : cette scène, d’une puissance visuelle inouïe, annonce la progressive descente aux enfers de son héros jusqu’au dénouement spectaculaire. (extrait du communiqué de presse)

À côté de la musique originale de Trevor Jones, où brille le saxophone de Courtney Pine, la bande son du film accueille deux grandes figures du blues, Bessie Smith et Brownie McGhee, ainsi que la chanteuse néo-orléanaise Lilian Boutté.

Angel Heart (1987, Royaume-Uni/Canada/USA, 113 mn, Couleurs, 1.85:1, VISA : 63 375, VOSTF, Int. - 12 ans)
un film d'Alan Parker
avec
Mickey Rourke, Robert De Niro, Charlotte Rampling
Musique de Trevor Jones
Directeur de la photographie, Michael Seresin
Scénario de Alan Parker
D'après le roman "Le Sabbat dans Central Park" de William Hjortsberg