Jazz Bonus : Samuel Strouk - Nouveaux Mondes

Avec son album “Nouveaux Mondes” qui paraît chez Well Done Simone, le guitariste Samuel Strouk démontre qu’il n’existe d’autres frontières que celles que l’on s’impose.

Jazz Bonus : Samuel Strouk - Nouveaux Mondes
Samuel Strouk, © Sylvain Gripoix

Au XXIe siècle, il existerait encore des contrées à explorer, des plages musicales à fouler, si l’on en croit ce compositeur vagabond, Samuel Strouk. Ériger des ponts pour abattre les chapelles, casser les codes, les formules récurrentes, redessiner la mappemonde musicale... Tel était le fil rouge de “Nouveaux Mondes” qui fait cohabiter les modes de jeu de la musique classique, contemporaine, et du jazz. Des mondes aux antipodes l’un de l’autre : l’écriture face à l’improvisation, le solfège face à la tradition orale, un certain académisme contre un soi-disant anarchisme. «J’ai baigné dans ces univers, ce sont deux facettes de ma personnalité. Les dissocier équivaudrait à me diviser. Je voulais créer une zone de rencontre, trouver un entre-deux», résume Samuel Strouk.

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Quatuor à cordes, trio jazz, pourquoi choisir quand on peut les réunir sur une même scène ?

C’est ce qu’a réalisé le guitariste parisien qui n’a de cesse d’inventer sa propre grammaire musicale. Cela fait quelques années que  Samuel Strouk, artiste sans frontières ni œillères, directeur musical et artistique, fouille cette veine à la recherche de partitions apocryphes : dans son album “Silent Walk” (2017), il proposait un quintet sans batterie naviguant entre jazz et musique classique ; avec “Loco Cello” (2019), il invitait le jazz manouche dans la musique de chambre. 

Pour ces “Nouveaux Mondes”, Samuel Strouk poursuit ses recherches en « confrontant la batterie, ses couleurs et ses riches fréquences, au quatuor à cordes ». Un autre monde, en effet. Le titre de l’album prend le pluriel pour illustrer les divers cheminements du compositeur. « A travers ce titre Nouveaux Mondes, je voulais traduire l’alchimie née de la rencontre entre ces deux univers qui fait émerger de nouvelles bulles d’expérience, un langage musical à défricher. Je désirais aussi exprimer mes réflexions d’homme, le fait de vivre dans une époque sans cesse bousculée par les crises et les révolutions - musicale, à travers l’émergence du hip hop, de la musique électronique - écologique, numérique… Quelle place trouver face à tous ces bouleversements ? »

On l’aura compris, pour ce musicien diplômé du C.N.R. de Paris, guitariste tout sauf classique, il n’existe pas de jeux interdits. Épaulé du Quatuor Elmire et d’une section jazz composée du bassiste Guillaume Marin et du batteur Damien Françon, Samuel Strouk développe sa vision d’un « jazz d’inspiration symphonique ». 

Si le filon a déjà été creusé - Samuel Strouk évoque avec des étincelles dans les yeux l’album “Focus” de Stan Getz et “l’Hymne au Soleil” des frères Belmondo -, il se méfie des aplats qui se superposent, des collages et des fusions à froid. Les écueils à éviter ? « Ne pas tomber dans l’apposition et ne pas faire jouer le musicien à contre-emploi. Bref, ne pas jouer swing, mais être swing ! », relève celui qui se voit avant tout comme un metteur en scène. « On pourrait presque dire que cet album, c’est The Big Lebowski qui rencontre Louis XIV », s’amuse-t-il.
(extrait des notes de pochette)