Jazz Bonus : Papiers d'Arménies - Guenats Pashas

Dan Gharibian, l’un des piliers du mythique Bratsch, nous revient avec le groupe Papiers d’Arménies et l’album “Guénats Pashas”. On y retrouve aussi sa fille, Macha Gharibian. Sous les papiers, la danse…

Jazz Bonus : Papiers d'Arménies - Guenats Pashas
Papiers d'Arménie, © Jean-Christophe Torres

Guénats c’est le mot que tous les arméniens connaissent pour trinquer et célébrer la vie. Et s’il y a une chose qu’ils aiment par-dessus tout, c’est se retrouver autour d’une table et célébrer l’amitié, la joie, et la bonne cuisine. Et quand vient le moment de sortir les instruments, les regards s’illuminent et les cœurs se mettent à danser.

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Inspiré des airs traditionnels d’Arménie, de Géorgie et de Grèce, Papiers d’Arménies invite au voyage. De Erevan à Los Angeles, du blues de Constantinople au rébétiko du Pirée, de la chaude et douce Tiflis à l’épicerie Hay Ararat d’Alfortville surgit une Arménie plurielle, nourrie des histoires de chacun, portée par les voix troublantes et enivrantes de Dan et Macha Gharibian. Une musique profonde, aux saveurs épicées qui procure ce merveilleux sentiment d’être bien vivant.

Depuis notre premier album, nous avons voyagé en Arménie, en Géorgie, et en Allemagne, en Suisse, en Autriche... Partout la musique arménienne a résonné et touché le cœur des gens. Pat qui jouait du doudouk avec nous est parti vers d’autres projets. Il nous a fallu quelques années pour trouver le musicien qui prendrait sa relève. Chercher un joueur de doudouk en France, c’est un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin !

Puis nous avons rencontréArtyom Minasyan, il arrivait d’Arménie. Il n’avait pas encore ses papiers. Avec lui, nous ne pouvions pas prendre le risque d’aller jouer ailleurs qu’en France. Le temps que sa situation se régularise, nous avons appris à le connaître et célébré quelques fêtes et anniversaires ensemble. Plus d’une fois, il nous a ému aux larmes avec ses improvisations. Musicien hors pair, il a plus d’un tour dans son sac, et quand Artyom sort le zurna de son étui, il déchaîne chez nous une furieuse envie de danser et de célébrer la vie. Zurna : instrument typique, sorte de bombarde jouée pendant les mariages.

Aret Derderyanest le musicien le plus gentil que l’on connaisse. Personne ne l’a jamais vu un jour s’énerver. C’est la générosité et la gentillesse incarnées. Depuis des années, nous nous retrouvons dans l’arrière-boutique de son épicerie pour répéter, après avoir siroté quelques verres de raki, et savouré quelques tranches de soudjoukh et de basterma accompagnés de feta et de raisin. Avec lui nous partageons chaque fois le même plaisir de jouer et faire chavirer les danseurs.

Gérard Carcianest le philosophe du groupe. Peu importe le sujet, la discussion est toujours passionnante avec lui. Architecte de métier, il est aussi là pour remettre en question nos fondations et faire bouger les lignes. Personne en Arménie ni ailleurs ne joue du kamantcha comme lui.

Comment ne pas évoquer Bratsch quand on écrit surDan Gharibian, son timbre de voix qui nous emmène du rire aux larmes, et ce jeu de guitare au swing redoutable. Conteur de légendes, de Noé sur l’Ararat au chasseur de loup du fin fond du Caucase, Dan est le seul musicien à chanter Sayat Nova chaussé de ses éternelles san- tiags. 

Au piano délicat et au velouté de sa voix,Macha Gharibian entend tout et nous a conduit avec élégance pour la réalisation de cet album. Avec elle la partition devient puissante, enivrante, subtile, essentielle. Et quel swing, elle nous rappelle quelqu’un…

Il y a tellement de nous, de nos histoires, nos expériences que ce disque est unique dans le paysage des musiques arméniennes. Il raconte nos voyages, nos amours, nos séparations, nos joies, nos larmes, nos rêves, ce que nous sommes tout simplement. Il est aussi le fruit de la grande histoire qui nous précède, celle de nos parents, nos grands-parents et nos arrières grands-parents. Et enfin, il y a ce que nous traversons aujourd’hui, l’incertitude de demain, les interrogations, les doutes, et l’envie encore de vibrer, sentir, aimer, rire, pleurer. Tout ce qui nous rend singulier, vivant, entier et libre. (extrait du communiqué de presse)

Gérard Carcian (kamantcha, choeurs)
Aret Derdeyan (accordéon, voix)
Dan Gharibian (guitare, voix)
Macha Gharibian (piano, voix)
Artyom Minasyan (doudouk, clarinette, shevi, zurna, pekou, choeurs)